The Pirouettes. Amour, gloire et métro

The Pirouettes
The Pirouettes

The Pirouettes, c’est léger, ça sautille, c’est solaire, ça nous fait bouger nos bodies. Ça parle d’amour et de succès, mais ça parle aussi de métro. Ça sonne à la fois eighties et moderne. Ce sont des textes sensibles, où Léo et Victoria s’adressent l’un à l’autre avec une simplicité rafraîchissante. The Pirouettes c’est avant tout joyeux et tubesque. On a rencontré le couple lors du Biches Festival 2016, et c’était très agréable.

Manifesto XXI – Question générique mais fort utile pour vous introduire, quelle est l’histoire de The Pirouettes ?

Léo : C’est l’histoire d’une rencontre avant tout. Une rencontre entre Victoria et moi quand on était au lycée en terminale. J’étais fou amoureux d’elle et j’avais envie de créer un groupe avec elle, j’ai fait tout ce qu’il fallait pour. Depuis on sort des EPs, on prépare un album.

Manifesto XXI – Ça fait combien de temps ?

Léo : Ça fait cinq ans qu’on s’est rencontrés à peu près. Le début de The Pirouettes c’est vraiment le début du couple, c’est assez lié.

Manifesto XXI – Vous faisiez tous les deux de la musique ?

Léo : Non, Vickie était carrément nulle en musique.

Victoria : Toujours, toujours. Mais ça va je me suis adaptée.

Léo : Non, elle s’adapte vraiment vite, je suis assez impressionné. C’est vrai qu’à la base elle ne faisait pas du tout de musique. Je lui ai demandé de chanter et ça le fait super bien. En fait elle chante mieux que moi sur scène maintenant.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=xnL3veR_xpA]

Manifesto XXI – Votre album sort le 16 septembre. Quelle évolution jusqu’à celui-ci ?

Léo : On est partis d’un truc pop-électro un peu 80s. Les gens nous ont toujours collé cette étiquette 80s. Au final, nous on écoute beaucoup de rap et j’ai l’impression qu’on a un truc un peu plus R’n’B dans nos morceaux par moments. Peut-être que ça a évolué un peu dans cette direction. C’est un mélange de tout ça.

Manifesto XXI – Pourquoi chanter en français alors que ton autre projet, Léo, est en anglais ?

Léo : Oui, je joue dans un groupe qui s’appelle Coming Soon, on a toujours chanté en anglais. J’avais envie de passer en français parce que c’était plus simple pour moi d’écrire. C’est ma langue, ça m’est venu plus naturellement à une époque de ma vie et j’ai continué dans cette voie.

Manifesto XXI – Est-ce que tu as des influences pour ton écriture ?

Léo : Ça fait longtemps que j’écoute de la musique en français, je n’écoutais pas que de la musique anglophone donc il y a beaucoup de chanteurs qui m’ont inspiré. Je suis très fan d’Yves Simon, par exemple. On a fait une reprise d’ailleurs récemment de « Qu’est-ce que sera demain » qui est un très bon titre.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=LDWtfyQWcAA]

Manifesto XXI – Que pensez-vous de toute cette scène qui chante en français ?

Léo : Eh bien écoute on est super fiers d’en faire partie. Un festival comme les Biches, ça fait plaisir parce que c’est que des groupes qu’on aime dans la programmation. Je pense à Perez, à Cléa Vincent, Juniore, qu’on aime beaucoup.

Manifesto XXI – Vous pensez que ça vient d’où cette résurgence depuis quelques années ? Vous vous sentez appartenir à un mouvement ?

Léo : Oui carrément.

Victoria : C’est vrai que ça a totalement émergé il y a quelques années.

Léo : La programmation du festival le prouve. Il y a une sorte d’ébullition qui se crée.

Victoria : Ça peut venir d’un cycle de décennie qui se décale d’année en année, au niveau des inspirations, là c’est plus les années 80. On est revenus aux années 80 qui sont très riches en musique française.

Léo : Je pense que les gens sont moins complexés par rapport au français aussi. C’était un peu « interdit » en France pendant quelques années. Il y avait beaucoup de gens qui chantaient en anglais, et là ça revient un peu et c’est cool.

Manifesto XXI – Vous parlez des années 80. Vos sons sonnent très rétro, il y a une référence aux Rita Mitsouko dans « Dernier métro », certains trucs me font même penser à Partenaire Particulier. C’est quoi vos influences ?

Léo : Les Rita Mitsouko c’est un groupe qu’on aime bien.

Victoria : Nous on aime beaucoup par exemple France Gall et Michel Berger. Les albums qu’ils ont faits ensemble, Starmania, tout ça. On aime beaucoup aussi Elli et Jacno dans cette époque-là.

Léo : Étienne Daho aussi. On est très comparés à Elli et Jacno.

Victoria : Parce qu’on est un couple.

Léo : On ne fait pas la même musique pour autant. On a découvert Elli et Jacno assez tardivement. On faisait déjà la musique des Pirouettes quand on a commencé à nous comparer à eux en fait. Mais on aime carrément ce qu’ils font.

The Pirouettes
The Pirouettes © Jalis Vienne

Manifesto XXI – Il y a un côté très innocent et joyeux dans votre musique. Ça vous vient d’où ?

Victoria : On essaye d’être le plus sincère possible et de transmettre une vibe positive.

Léo : On est des gens assez joyeux.

Victoria : On n’a pas envie d’être trop torturés dans la musique, c’est une façon de transmettre un truc positif.

Léo : Ça correspond à nos personnalités.

Victoria : Après des fois ça a l’air joyeux mais ça ne l’est pas forcément.

Manifesto XXI – Quelle place prend votre couple dans votre musique ?

Victoria : Ça prend toute la place.

Léo : Forcément on parle beaucoup d’amour.

Victoria : Ça apporte beaucoup d’inspiration. Si on n’était pas en couple, on ne ferait pas du tout cette musique. Déjà, on ne ferait pas de musique ensemble. C’est ce qui nous tient ensemble.

Léo : C’est ce qui fait qu’on avance assez vite aussi. Victoria s’occupe de tout ce qui est visuel. On bosse assez rapidement sur la pochette de notre album, sur le contenu du vinyle. On se renvoie la balle. Je pense que tu ne pourrais pas le faire avec juste des mecs qui sont dans ton groupe mais qui ne sont pas non-stop avec toi.

Victoria : On est motivés, et puis on est tout le temps ensemble.

Manifesto XXI – Au niveau de l’écriture vous avez un choix de narration assez personnel, à la première personne, vous êtes très présents dans les clips, etc. C’est quoi votre rapport à votre travail ?

Léo : On aime vraiment se mettre en scène, on joue beaucoup là-dessus. On aime se montrer et c’est aussi pour ça qu’on écrit à la première personne.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=tafB26DuVzI]

Manifesto XXI – D’ailleurs, l’idée du succès, de se mettre en avant est très présente dans vos thèmes.

Léo : Ça nous fascine. On est assez fans du star-system.

Victoria : Le fait d’être connus c’est assez fascinant. Même si l’envers du décor est brutal, c’est un truc qui fait rêver. Nous on l’assume.

Léo : On se fait un peu des films probablement mais on aime bien se mettre en scène en tout cas. C’est trop cool les stars.

Victoria : C’est un principe un peu incroyable, non ? C’est le truc qui fait rêver les gens. On a un peu ça au fond mais on n’est pas des requins.

Léo : Moi je serais prêt à tout pour devenir une star (rires).

Manifesto XXI – Vous serez les prochains candidats de télé-réalité alors ?

Victoria : On n’est pas très télé (rires). L’idée c’est de rester intègre, pour toucher les gens. Faire un truc que tu kiffes, ne pas se laisser transformer.

Léo : Je pense que le truc c’est de se faire confiance sur toute la ligne, c’est le secret.

Victoria : Il y a beaucoup de gens qui conseillent, donnent leur avis, comparent mais bon…

Léo : Écoute ton cœur (rires).

Manifesto XXI – La production vous l’avez faite tous les deux ?

Léo : On est assez accompagnés en fait. On commence par les instrus sur ordi, puis on cherche des mélodies de voix, on cale les chansons. Elles sont déjà assez arrangées mais ensuite on retourne en studio pour les arranger davantage, modifier un peu les structures. On a pas mal de partenaires. On ne fait pas tout tout seuls quoi. On est bien entourés.

Manifesto XXI – C’est toi Victoria qui fais tout ce qui a trait à l’univers visuel ?

Victoria : Oui les pochettes, etc. Je m’inspire de la musique avant tout. Je ne fais pas vraiment exprès, mais c’est souvent des trucs un peu futuristes. Il y a un petit côté science-fiction. J’essaye de faire des images fortes, efficaces. C’est mon but de faire des pochettes efficaces parce que je pense que c’est important qu’un truc te marque visuellement. Après c’est selon mes goûts aussi, j’aime bien les couleurs vives.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=R1cYwmwQwDI]

Manifesto XXI – Comment vous concevez votre live ? Qu’est-ce que ça vous apporte ?

Léo : De la visibilité avant tout, mais aussi le plaisir de passer des bons moments.

Victoria : C’est cool de jouer en live, dans des villes qu’on ne connaît pas.

Léo : C’est super cool quand ça se passe très bien, quand le public est là, quand la salle est pleine, etc. Quand l’ambiance n’est pas là tu te remets vachement en question.

Victoria : C’est le truc qui peut être très déprimant, et euphorisant à la fois. Quand il n’y a personne, que tu fais un mauvais concert, ça fout un coup. C’est parce qu’on touche les gens directement donc tu peux être très déçu.

Léo : Notre meilleur concert c’était au Badaboum le 12 novembre, la veille des attentats, à Paris. C’était complet, ambiance vraiment folle, les gens chantaient les paroles. Un moment de joie avant ce qui s’est passé.

Manifesto XXI – Vous réinterprétez vos chansons en live ?

Victoria : Un petit peu.

Léo : Pas des masses parce qu’on n’est que deux sur scène.

Victoria : On n’a pas trop de marge de manœuvre.

Léo : En ce moment on répète avec un groupe, on va intégrer un batteur et un bassiste. Ils seront prêts pour l’album en septembre.

Victoria : Ça va nous permettre justement de plus réinterpréter les titres, les parties instru. Ça nous donne un second souffle.

Manifesto XXI – C’est quoi votre prochaine date à Paris ?

Victoria : C’est à la Maroquinerie.

Léo : C’est la release party de l’album le 5 octobre, ça va être la grosse fête.

Manifesto XXI – Vous êtes prêts à militer pour reculer l’heure du dernier métro ?

Léo : Non vraiment pas (rires). S’ils veulent utiliser notre chanson, okay.

Victoria : Après on serait contents que les métros ne ferment pas de la nuit.

Manifesto XXI – Un dernier mot ?

Léo : J’ai beaucoup aimé la forme de cette interview, très libre, à l’image du festival et des Pirouettes. Amour, gloire et beauté.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=n-gZAn-2PcQ]

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