Sziget : la claque hongroise 

© Manon Petit

Baskets : Ok ! T-Shirt Destroy : Ok ! Impatience : 100% ! Vous l’avez compris, je suis prête à repartir en vadrouille au coeur des festivals de musique. Et cet été, je ne suis pas allée n’importe où, non monsieur ! J’ai eu l’ultime plaisir pour la première fois de ma vie d’aller passer 3 journées inoubliables sur l’île de la liberté, plus communément appelée : « Sziget Festival ».

Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce havre de paix musical, le Sziget Festival se trouve depuis 23 ans sur une île du Danube en plein cœur de Budapest, et a cette année ravi plus de 440 000 festivaliers venus des quatre coins du monde (on en a rencontré venus tout droit d’Alaska, pour vous dire !).

© Manon Petit

Alors oui, le Sziget, c’est énorme (au propre comme au figuré) ! En 3 jours, nous n’avons pas eu le temps de tout voir, découvrant encore des recoins inconnus au moment du départ. Je vais essayer du mieux que je peux de vous décrire, sans rédiger un roman (car il y a de quoi dire, croyez moi !), la magie et le fait que ce festival est tout à fait unique. Ouvrez grand vos yeux, oubliez les codes et les règles de vie en société et embarquez pour l’aventure Sziget.

Manon Petit

Couleurs et magie: l’ambiance Sziget

La première chose qui nous saute aux yeux en traversant le pont et en faisant nos premiers pas sur ces terres festivalières, ce n’est pas le nombre incroyable de tentes et le fait que des gens sont littéralement endormis partout, ça, ça reste commun à de nombreux festivals. Non, ce qui saute aux yeux, c’est plutôt le décor.
En rejoignant le chemin de l’Apéro Camping, où nous avions prévu d’aller planter notre tente (sans tente, on n’a peur de rien !), nous sommes passés au milieu de nombreuses ambiances et décors déconnectés de la réalité.
Un dragon fait de 15 000 bouteilles en plastiques côtoyait des valises-canapés, l’intérieur d’une maison faite du point de vue d’un bambin (ainsi tous les meubles étaient GIGANTESQUES !), un Budapest en lettres immenses, des lampions, vêtements, guirlandes pendues partout dans les arbres donnant ainsi vie à ces chemins de terre. C’est le point fort du festival, chaque lieu a son univers et sa décoration propre. Vous pouvez ainsi vous retrouver à marcher au milieu de fleurs et champignons géants aux abords de la scène musique du monde tout comme entrer dans la gueule d’un loup géant afin de pénétrer à l’intérieur d’une scène faite de bois et prenant des aspects de Colisée : Le Colosseum.

Tout en suivant des petits poissons lumineux et changeant de couleurs au dessus de vos têtes, vous passez d’espaces en espaces et de scène en scène, ne pouvant rater le Main Stage, l’immense scène du festival et l’A38, une coquette scène sous chapiteau à laquelle on accède en traversant une allée décorée des drapeaux du monde entier.

© Manon Petit

Au milieu des arbres et des nombreux bars et stands de restaurations (italiens, turcs, américains, vegan… il y en a pour tous les goûts !), vous pouvez trouver dissimulée ici et là, une scène faite de palette et des tables et chaises en pneus, des balançoires pour petits et grands, des cœurs lumineux cracheurs de fumées, des filets dans lesquels se vautrer entre deux concerts, des espaces ultra-connectés où gagner souvenirs et recharger son téléphone. Tant d’espaces, chacun ayant leurs ambiances propres et leurs artistes, leurs bénévoles, leurs univers.

 

@ Manon Petit

Une île animée par tous et pour tous.

Il est clairement possible de rester dans le festival toute la semaine sans avoir besoin de rejoindre Budapest pour X raisons (ce qui serait tout de même dommage, car Budapest, c’est un bijou européen, mais on en reparlera plus tard). En effet, tout est sur place, vous pouvez boire, manger, dormir bien évidemment, mais aussi aller chez le coiffeur, vous faire tatouer, masser, soigner et participer à de nombreux ateliers.
Les ateliers créatifs, ça ne manque pas au Sziget. Entre le cours du Yoga du matin, l’atelier cirque de fin d’après-midi, le stand H&M pour peindre et pimper tes baskets (les miennes ressemblent maintenant à celles d’une petite fille ayant une légère addiction pour les couleurs et les paillettes), un parcours mécano au sein duquel tu peux jouer au baby-foot avec des perceuses… il y a vraiment de tout. Dans la Art Zone, un espace créé pour admirer de nombreuses œuvres et performances artistiques, tu peux jouer au sculpteur à la Unicorn Factory ou écrire des messages d’amour dans un cadre. Tu peux aller te défouler à la Sport Zone et jouer au foot, basket, volley avec tes condisciples d’Europe et d’ailleurs !

© Manon Petit

Il y a aussi des lieux atypiques, comme le Luminarium, véritable oeuvre d’art géante créée par l’artiste Miracoco au sein de laquelle tu te promènes au milieu de couloirs lumineux et fluorescents grâce à un système de lumière naturelle magique. Tu peux aller écrire sur le mur « Before I die » et écrire les choses que tu veux réaliser avant de mourir (lécher les seins de Scarlett Johansson était tout de même le rêve d’un/d’une festivalier(e)). La plage du Sziget est elle aussi incontournable sous 43°C, te permettant d’aller rafraîchir tes petits petons un Mojito à la main.

J’ai particulièrement apprécié un espace consacré aux différents handicaps qui proposait un parcours à l’aveugle, du tandem les yeux bandés, apprendre à se servir d’un fauteuil roulant, ou discuter en langues des signes. Le Sziget est d’ailleurs un festival accessible à tous, les équipes d’organisations indiquant ainsi des chemins plus praticables permettant à tout le monde de profiter de chaque recoin de cette île.
J’ai aussi vénéré la mini foire digne du début du XXème siècle, avec ses vieux jeux en bois, ses attractions victoriennes, sa diseuse de bonne aventure et chacun de ses bénévoles costumés et nous plongeant par leurs jeux et leurs personnalités dans une autre époque en quelques secondes.
Vous l’avez compris, au Sziget, on prend l’apéro, mais pas que ! De nombreux espaces et animations sont mises en place toute la semaine pour les petits et les grands, afin de jouer, de découvrir, d’apprendre, de partager avec des associations de tous les pays. Et tout cela, bien sûr, en plus des spectacles et concerts qui peuplent les journées des Szigotos.

Un festival multiculturel

Des scènes, il y en a partout, et en quelques secondes, vous pouvez passer du hard rock à de la musique traditionnelle hongroise. Je n’ai pas tout vu, mais j’ai ainsi pu danser sur tous les genres de musique possibles ; jazz, folk, reggae, soul, rap, rock… j’étais servie ! J’ai découvert tellement de choses en flânant de scène en scène que je repars avec de nombreuses connaissances et avec beaucoup moins d’a priori sur tel ou tel genre de musique.
Entre jeunes artistes et tornades mondiales, j’ai ainsi pu aller admirer LIMP BIZKIT sur la Main Stage, entendre un son lointain des BEATSTEAKS, gueuler avec la foule un « Let’s Go Murphy’s » en attendant l’entrée imminente d’un de mes groupes de punks préférés: DROPKICKS MURPHYS. J’ai écouté MAJOR LAZER, j’ai bu une bière devant HK ET LES SALTIMBANKS avant de me défouler devant MARTIN GARRIX.
La plus grande surprise est que le lieu où j’ai passé le plus de temps est la « Fidelo Classical and Jazz Stage », pouvant ainsi découvrir pour la première fois de ma vie en direct la magie de l’Opéra en observant chanteurs, en écoutant orchestres et solistes (et je suis même montée sur scène faire la chef d’orchestre, un rêve de moins à réaliser !). Vautrée dans les différents fauteuils et poufs, j’ai adoré les voir donner une image moderne et jeune du classique et de l’opéra, en faisant participer le public, les jeunes, les vieux, et en improvisant en fonction des réactions et questions de celui-ci. Lieu magique dont la petite punk que je suis est tombée amoureuse.

 © Manon Petit

En dehors des concerts de musique, vous pouvez aussi aller admirer les artistes au Cirque du Sziget. J’ai ainsi admiré des hommes drapeaux, des acrobates et même quelques jongleurs un peu partout sur le site. La claque circassienne du festival reste la troupe FUERZA BRUTA qui réussit à vous impressionner et à vous faire douter sur le temps et l’espace, en mélangeant acrobaties aériennes et musique electro, batucada et danseurs.
Mais le Sziget, c’est surtout que des spectacles éclatent partout devant vos yeux sans que vous vous y attendiez. Ainsi, les chevaux maléfiques de la troupe TUTATIS vous sauteront dessus à l’occasion d’une promenade, suivis de prêts par leur batteur fou, coiffé des cornes de Satan, donnant ainsi au spectacle des airs de légende de chevaliers apocalyptiques.

 © Manon Petit

Sziget, on reviendra, c’est promis.

Après ce pavé de compliments et d’amour, il est important de terminer sur un point. En plus de la décoration, de ses artistes, de son univers incomparable et de ses nombreux espaces de vies et d’aventures, ce qui rend le Sziget si unique c’est son ambiance qu’on ne trouve nulle part ailleurs.
Devant un festival d’une telle ampleur, j’étais inquiète de me retrouver au sein d’une communauté saoule 24h/24h, allumée, droguée, et de me retrouver dans une anarchie totale. Si cela participe au charme des festivals, il participe aussi à ses mauvais côtés, ce qui fait que ma préférence va toujours aux petits festivals qu’à ceux de grande envergure.
Et bien, au Sziget, vous avez l’impression d’être dans un festival familial auprès de 440 000 autres festivaliers. Des enfants courent partout, les jeunes se mélangent aux vieux, des gens venant de tous horizons, de toutes origines, discutent et rient ensemble. Pas de cadavres au sol, de gens en mal de vivre et de violence. L’équipe Sziget est d’une efficacité à toute épreuve et les gens viennent réellement ici pour passer de bons moments auprès de milliers d’autres personnes.

© Manon Petit

En gros, allez y, c’est à vivre au moins une fois. Si vous êtes un adepte de voyage, de musique, de danse, de théâtre, d’arts, de sports, si vous aimez boire des pintes de bières en discutant avec des gens venus du fin fond de la Chine ou de l’Argentine, trinquer en anglais, en allemand, en tchèque, en espagnol et avoir l’impression de vivre dans un monde merveilleux durant quelques jours, ce festival est fait pour vous.
Sziget, attends nous l’année prochaine, et celle d’après encore.
Tu es devenu un coup de coeur, un lieu unique dans mon esprit.
Une claque.

 © Manon Petit

Crédits photos : Manon Petit
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