Stabat Mater, une exposition de Cécile Hadj-Hassan et Marianne Pradier

Stabat Mater, une exposition de Cécile Hadj-Hassan et Marianne Pradier

L’exposition Stabat Mater est née d’une envie des deux artistes de construire un dialogue sur l’art et le féminisme, de construire un dialogue aussi entre leurs recherches respectives. Le titre de l’exposition, Stabat Mater, est issu de la liturgie chrétienne et incarne une vision de la femme comme mère. Il est ici posé comme une affirmation et non comme un thème. Par cette évocation, les deux artistes entendent questionner la construction des identités féminines et sexuées. Pour appuyer leurs recherches, elles ont fait appel à Ana Bordenave, commissaire de cette exposition, qui travaille elle aussi sur ces questions en tant que chercheuse en histoire de l’art et en cinéma expérimental. Celle-ci a construit un dialogue riche entre les deux artistes, soutenu par une scénographie poétique.

Marianne Pradier, Barque, 2016 Huile et acrylique sur bois, 130 x 41 cm
Marianne Pradier, Barque, 2016
Huile et acrylique sur bois, 130 x 41 cm

Marianne Pradier travaille la peinture sur bois exclusivement ; cette technique agit comme un fil rouge, lui permettant d’en repousser les limites. Son univers est empreint d’une certaine étrangeté… Des enfants masqués, à la fois tendres et terrifiants, des figures fantomatiques ou squelettiques, des animaux… Ces jeux de symboles, la référence constante au masque témoignent du « statut performatif de l’identité qui existe inconsciemment ». Nous avons sans cesse recours au masque et empruntons volontiers des attitudes, nous changeons tout le temps ; et ces emprunts, ces fluctuations sont véritablement constitutifs de notre identité.

Cécile Hadj-Hassan, Attitudes #3, 2016 Extrait d'une série de 3 photographies, 24 x 36 cm
Cécile Hadj-Hassan, Attitudes #3, 2016
Extrait d’une série de trois photographies, 24 x 36 cm

On retrouve cette question des identités mouvantes chez l’artiste franco-libanaise Cécile Hadj-Hassan. Explorant sans cesse de nouveaux supports pour exprimer ses recherches, elle utilise la vidéo, la photographie, la sculpture, l’installation, la performance et joue ainsi sur l’oscillation entre la fiction et la réalité. La question centrale du travail de Cécile Hadj-Hassan est celle du corps, comme « lieu hanté, lieu de croisement et d’accumulation de culture et d’individualités ». À la poésie des formes, vient s’ajouter une dimension politique dans l’affirmation des liens entre les corps et leurs environnements culturels, sociaux, politiques… Le corps n’est plus une simple enveloppe mais le lieu où s’incarne le dialogue entre les identités, il échappe à la sphère du personnel et devient un objet politique. Cécile Hadj-Hassan fera une performance pour le finissage de l’exposition le dimanche 6 novembre à 16h, avec sa sœur. Proches de la danse contemporaine, ses performances questionnent les relations des femmes entre elles, empreintes de solidarité, de rivalité, à la fois libératrices et normées.

L’exposition Stabat Mater est présentée au Shakirail – 72, rue Riquet – jusqu’au dimanche 6 novembre.

Stabat Mater, une exposition de Cécile Hadj-Hassan et Marianne Pradier
Stabat Mater, une exposition de Cécile Hadj-Hassan et Marianne Pradier
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