Soleil Vert, trio mélancolique

Soleil Vert

Au cinéma, on connaissait déjà le Soleil vert prophétique de Richard Fleischer, placé au rang de film culte des années 1970. En musique, Soleil Vert est un trio tout juste naissant qui vient de sortir « Souvenir », un premier single idéal pour accompagner l’été d’une note de légèreté, aux antipodes de l’atmosphère lourde et menaçante de l’œuvre du réalisateur. Fraîchement signé chez Roy Music, le groupe dévoile une pop pétillante et rêveuse dont la ligne de basse minimaliste est non sans rappeler celle de The xx à leurs débuts, le spleen en moins.

Rencontre avec ce trio qui semble déjà promis à de belles choses (qui aurait pu rêver mieux que le Pitchfork Avant-Garde pour un tout premier live ?).

Manifesto XXI – Du nom du projet au thème de votre premier morceau, on sent un univers plutôt positif, lumineux mais empreint de mélancolie. C’est votre état d’esprit ?

Alban : Quand on a commencé Soleil Vert, on était dans un trip très cold wave à la The xx, assez déprimant. Ça allait avec l’état d’esprit du moment. « Souvenir » a été le point de départ de quelque chose de plus positif. On n’a quasiment gardé aucune chanson de l’avant « Souvenir ».

Jean-Baptiste : Ce n’est pas forcément quelque chose qui est réfléchi, mais je crois qu’il y a une vraie volonté commune d’aller vers quelque chose qui soit simple, qui nous plaise, qui plaise à nos proches. On a donc naturellement écarté tous les morceaux de jeunesse un peu trop impulsifs et nerveux pour arriver à « Souvenir ».

Pouvez-vous présenter un peu le projet ?

Alban : Mine de rien, ça commence à dater. J’étais ami avec Charles et Jean-Baptiste depuis un moment déjà, mais eux ne se connaissaient pas. Avec Charles, on parlait de faire de la musique ensemble, sans jamais se motiver à le faire. Un jour, Jean-Baptiste, dont le groupe (Nelson) venait de se séparer, me dit qu’il a très envie de se remettre rapidement à faire de la musique. On a bu un verre ensemble et c’était parti.

Jean-Baptiste : C’est ça, on en a discuté la première fois avec Alban chez Ground Zero (meilleur disquaire parisien !), où il travaille, et tout s’est fait super naturellement. L’idée était simple : je prends la basse, Alban la guitare, et il connaissait un batteur qui pouvait nous rejoindre. Au final, je chante, fais les claviers et m’occupe de la boîte à rythmes, Charles fait la guitare et Bobby (après quelques verres, on dit « Bobby ») la basse, ou l’inverse.

Sur ce premier morceau, vous avez collaboré avec Mina Tindle. Comment ça s’est passé ?

Alban : On avait quasiment fini « Souvenir » et on avait envie d’y ajouter une voix féminine. Jean-Baptiste et Pauline se connaissent bien et, comme on aime tout ce qu’elle fait, ça semblait naturel de lui proposer.

Jean-Baptiste : Comme la plupart des choses qui nous arrivent dans le groupe ! Il y a toujours cette volonté de ne pas forcer les choses. Pauline est une bonne amie et elle a un talent fou ; quand on a eu l’impression de finir le morceau, il manquait une réponse au chant, donc je le lui ai envoyé et elle a accepté !

Vous avez tous un bagage musical différent, avec des goûts très divers, comment faites-vous pour vous entendre sur ce projet ?

Alban : En fait, je ne sais pas trop. Il n’y a jamais vraiment eu de souci de ce côté-là. Ça a toujours fonctionné comme ça. La seule chose, c’est que quand on commence un morceau, il faut que tout le monde l’aime. Si ce n’est pas le cas, on laisse tomber.

Charles : Il y a quand même souvent des débats. Par rapport à nos univers, Alban est très simple (dans le bon sens du mot) et intuitif. J’ai plutôt tendance à vouloir rendre les choses plus surprenantes ou plus complexes. Et Jean-Baptiste navigue entre tout ça. Mais c’est parce que chacun lime les extrêmes des autres que l’on arrive justement à un bon équilibre.

Jean-Baptiste : Rien à redire !

Pour donner un point de comparaison, je vous rapprocherais de la pop de Pendentif ou de Bengale à leurs débuts. Vous vous sentez proches de ces scènes-là ?

Alban : Pas du tout.

Jean-Baptiste : Je ne connais ni l’un ni l’autre vraiment, mais les artistes qui nous inspirent aujourd’hui sont plus à chercher chez Flavien Berger, la musique brésilienne en général ou même Phoenix.

Votre musique se prête à un certain univers visuel, cinématographique. Une mise en images de « Souvenir » est-elle prévue ?

Alban : On aimerait beaucoup. Mais on n’a pas encore trouvé la bonne idée ou la bonne personne pour le faire.

J’ai entendu dire que vous aimiez beaucoup Jennifer Lawrence ?

Alban : Ah ah ! J’imagine que quelqu’un t’a fait écouter une de nos vieilles chansons… La réponse est oui. L’histoire date de l’époque où Jennifer Lawrence s’était fait hacker son compte iCloud, des photos d’elle nue s’étaient retrouvées sur Internet. On en avait fait une chanson dans laquelle on disait qu’on était désolés pour elle, mais quand même plutôt contents de les avoir vues.

Jean-Baptiste : Ce sera révélé pour le bonus de la version « greatest hits » dans dix ans !

Ce premier morceau est un peu comme votre carte de visite, pour présenter votre univers. Quelle sera la suite ?

Alban : On passe pas mal de temps en studio en ce moment. On aime beaucoup ça, mais il y a un moment où il va falloir en sortir. On fait un DJ set cet été à Cabourg, Mon Amour, et nous jouerons au Pitchfork Avant-Garde à Paris le 1er novembre.

Jean-Baptiste : Et quelques nouveaux morceaux, voire un EP d’ici la fin de l’année !

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