Secret of Elements, un musicien aux côtés des réfugiés

Momentum Secret of elements

Johann Pätzold est le pianiste autodidacte et multi-instrumentiste imposant le respect, caché derrière le nom mystérieux de Secret of Elements. Mais s’il ne maîtrise ainsi pas moins de six instruments, Pätzold est surtout l’archétype de l’humain dont le monde a besoin en 2017.

À l’instar d’un In Love With A Ghost, la musique est pour Pätzold le lieu d’une thérapie cathartique, mais aussi un moment intense d’ouverture et de partage avec ses auditeurs. Artiste-activiste, il compose son premier album Minds depuis l’hôpital psychiatrique où il fait face à la dépression. Le second, Schizophrenia, pose des mots sur son ressenti alors que tombe le diagnostic de schizophrénie : « I grew up, I lost myself, I found myself, and I had to realize, this world is sick ».

Aujourd’hui, il est toujours très impliqué dans la vie sociale et culturelle de sa ville natale, Rostock, notamment au sein du centre culturel alternatif et antifasciste JAZ e.V. mais aussi des troupes du Volkstheater qui l’accompagnent dans le clip « Monumentum », ainsi qu’auprès de l’initiative citoyenne Rostock Hilft pour laquelle il s’est porté volontaire afin de porter secours aux réfugiés en Méditerranée.

Monumentum, son nouvel album, est le prolongement direct de cet engagement. Frappé par la détresse des migrants et l’horreur de leur situation, il nous offre cinq morceaux d’une techno orchestrale, pétrie de noirceur, mais traversée d’éclats scintillants. Le titre « Odyssee 2015 (Part 2 of 1) » en est l’exemple même, inspiré de l’un de ses périples méditerranéens, à la recherche de la mère d’une jeune réfugiée recueillie en Allemagne. Oscillant entre un Ulrich Schnauss orchestral et un Jon Hopkins apocalyptique, Johann Pätzold nous entraîne sans ménagement vers les profondeurs, les nappes de synthétiseurs se brisant sur des murs implacables de percussions. On s’enfonce tant que les arpèges n’en finissent de pleuvoir, avant, finalement, de démarrer la lente « Ascension » vers la lumière.

Une fois encore, après Dystopia de Gordon, le label InFiné démontre une formidable capacité à porter des visions fines et justes du monde contemporain, mais aussi à s’entourer de personnalités humaines d’une grande qualité.

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