Quand le nu se travaille

Kate Winslet by Peter Lindbergh

Nu, nude, naturel…

Quelques nasalités qui évoquent aujourd’hui bien plus qu’un concept ou une mode.

Attention, aucune nudité, ni féminine ni masculine, ne sera dévoilée dans cet article. Je parlerai ici de la beauté et de l’apparence qui prônent le naturel comme valeur sûre.

Et oui, le nu est devenu un art de vivre. Exagéré vous pensez ? Attendez voir.

Ces termes, que vous soyez un homme ou une femme, ne vous ont sans doute pas échappé ces dernières années, si vous avez ne serait-ce qu’abandonné votre esprit à la publicité ou à une lecture philosophique.

Dans un monde où la perfection est un idéal à atteindre, une drogue, un Graal, voici que cette dernière se fait minimaliste. Regardez Gisèle et sa chevelure de surfeuse dans le dernier clip de Chanel, contemplez les pages de publicité des grandes maisons de couture de Vogue, Vanity-Fair ou même les affiches Guerlain ou Lancôme dans le métro de Paris : quel est à votre avis leur point commun ? Aller un petit effort ! Ne remarquez-vous pas l’absence de fioritures, de maquillages-peintures ou de coiffures à la Marie-Antoinette ?

Gisele Bundchen pour Chanel
Gisèle Bundchen pour Chanel

Depuis quelques années, la tendance est au nude et révolutionne vos vêtements et votre démarche beauté. Je passerai outre le mouvement « Normal » qui a tenté de s’imposer cette année et qui avait érigé Steve Jobs comme icône de la mode : rien de plus qu’un jean bleu et trop grand façon ex Allemagne de l’Est, un sweat informe gris ou noir, des baskets blanches et des lunettes en métal, toute mise en beauté étant proscrite.

Revenons à nos moutons et à notre débat : la beauté est-elle devenue nudité ? Le naturel serait-il le minimalisme auquel le monde a succombé ? Si la réponse semble évidente, n’y-a-t-il pas pour autant quelque chose qui attire votre attention ? Et bien moi, si.

Car, si le nude est devenu le lifestyle incontournable du moment, il reste qu’on n’a jamais autant travaillé l’apparente simplicité. Paradoxal ? Reprenons le raisonnement : être beau, c’est être naturel, mais être naturel, c’est être beau. Or, la nudité crue, celle du saut du lit, n’est pas ici l’idéal. Non, nous parlons bien ici du naturel travaillé. Celui qui, s’il est parfaitement réalisé, fera croire aux yeux du monde que vous êtes sortis de chez vous comme ça.

La beauté d’aujourd’hui, c’est le minimalisme du sans effort : « Oui, l’épi de blé dans mes cheveux, mes joues de poupées, mes lèvres rosées et mon style casual à chapeau étaient là ce matin à mon réveil !« . Paradoxal donc. Le temps passé à la recherche de sa tenue, à ses soins, est considérable mais imperceptible. C’est tout l’art du nude : être nu et sublime. Un fantasme que les marques de maquillage et les créateurs de mode ont saisi : oubliée la robe dorée à volants fuschia, on arbore fièrement le blue jean avec les boots en cuir et le trench beige, sans oublier le vélo qui va bien. Car oui, on est naturel jusqu’au bout des ongles, ou on ne l’est pas !

Malgré tout ce travail du less is more, il s’agit sûrement d’être davantage soi-même, comme si, soudainement, nous avions décidé d’arrêter de nous camoufler derrière des apparats ou des plâtrées de fard à la mode du XVIII ème siècle. Peut-être est-ce un chemin pour mieux s’accepter tels que nous sommes ? Car, la beauté nue n’a jamais été aussi désirable… et accessible.

Pour une minute de distraction, je vous laisse regarder cette vidéo qui reprend les différents canons de beauté depuis cent ans:


100 ans de beauté féminine en 1 minute par Spi0n

Gwénaëlle Gonzalez

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