[PREMIÈRE] Fragments dévoile son clip « Ligthhouse », Rencontre

Fragments © Yoann Buffeteau

Ce clip a été réalisé par un artiste rennais, le vidéaste et plasticien Marc Blanchard. Il s’agit d’un travail autour de la matière, dans la continuité de ce qu’on voulait développer avec notre scénographie ; esquisser des images sans vraiment les dévoiler, suggérer, laisser libre l’interprétation. 

Manifesto XXI – Tout d’abord, pourquoi avoir choisi ce nom ?

Fragments : On a longtemps cherché un nom de projet, on voulait notamment qu’il fasse sens en anglais comme en français. Puis on est tombés sur « fragments », et on s’est dit que ça collait plutôt bien avec notre façon de composer à ce moment-là, car on travaillait sur des petites boucles, des fragments de rythmes et de sons qu’on mettait bout à bout.

Manifesto XXI – Comment s’est monté le projet ?

Fragments : Au début c’était un duo, composé de Sylvain et Benjamin, et il s’agissait essentiellement de se faire plaisir en composant chez nous. C’est seulement après, en faisant écouter nos morceaux et en ayant de bons retours dessus, que l’idée est venue d’en faire un projet scénique. C’est à ce moment-là qu’on a pris l’initiative d’intégrer un troisième membre, Tom. Depuis, c’est vraiment devenu un trio, chacun compose et a une place aussi importante au sein du groupe.

Manifesto XXI – Quels sont vos parcours respectifs dans la musique ?

Fragments : Benjamin n’a pas spécialement reçu de formation musicale classique, il a simplement pris des cours de guitare, et appris la MAO en autodidacte. Tom a lui suivi une formation au conservatoire de Rennes et obtenu un DEM de musiques actuelles. Enfin Sylvain a étudié la batterie en école de musique, puis au conservatoire de Rennes également.

Manifesto XXI – Est-ce que vous vous retrouvez tous les trois sur des influences communes ?

Fragments : On a tous les trois écouté pas mal d’ambient, de post-rock… Il y a des noms qui reviennent entre nous : Nils Frahm, Apparat, Sigur Rós… Donc il y a ce répertoire qui constitue une base commune, qui nous permet de se comprendre musicalement, mais à côté de ça on écoute aussi chacun des choses très différentes, et c’est justement cette dualité qui est intéressante.

Manifesto XXI – Quand vous avez fondé le projet, est-ce que vous aviez une idée esthétique un peu précise de ce vers quoi vous vouliez aller, ou est-ce que votre identité s’est précisée au fur et à mesure ?

Fragments : Au tout début on voulait faire un projet de musique instrumentale, dans une esthétique orientée electronica, et qui s’appuierait notamment sur le piano et l’usage du field recording. Puis quand Tom est arrivé et qu’on a voulu faire passer le projet du studio à la scène, on s’est tournés un peu plus vers le post-rock. On a rajouté des guitares électriques et de la batterie.

Fragments © Mathieu Tillaut
Fragments © Mathieu Tillaut

Manifesto XXI – Votre musique m’évoque l’image de la « force tranquille », du fait de ce mélange d’énergie et de douceur, est-ce que vous seriez d’accord, et est-ce que c’est ce que vous recherchez ?

Fragments : Ce mélange est quelque chose qui est venu assez naturellement, on ne l’a pas vraiment pensé ou conceptualisé. Il y a des morceaux très tranquilles, certains qui font un peu la synthèse, et d’autres plus post-rock… C’est selon l’envie en fait, selon ce qui nous vient. Mais effectivement l’image fonctionne plutôt pas mal !

Manifesto XXI – Est-ce que vous avez une impression de cheminement stylistique depuis les débuts du projet ?

Fragments : Il y a eu une évolution. L’album synthétise bien à la fois nos débuts ; des morceaux calmes, tranquilles, quasi ambient, et d’un autre côté des choses plus énergiques, comme des montées de batterie par exemple, qui elles sont plus le résultat du travail sur le live. C’est justement ce mélange qu’on souhaitait sur l’album.

Manifesto XXI – Comment composez-vous ?

Fragments : Il n’y a pas vraiment de méthode. Généralement l’un de nous propose une première base ; une rythmique, un son, une ambiance, une suite d’accords, une petite mélodie… Puis dans un premier temps on travaille tous avec nos ordinateurs, on s’échange des fichiers… jusqu’à aboutir à un squelette de morceau. Ensuite on commence à faire les arrangements dans notre coin. Puis après généralement vient un second temps où on se réunit tous les trois pour finir le morceau et l’adapter pour la scène.

Manifesto XXI – Vous venez de sortir votre premier album, quand a-t-il été composé ?

Fragments : Certains morceaux datent des tout débuts du groupe, et d’autres de trois semaines avant le studio… Cet album s’est vraiment fait en trois ans.

Manifesto XXI – Il s’agit d’un album signé ou auto-produit ?

Fragments : On l’a fait en collaboration avec un label qui s’appelle Patchrock. Ce sont Stéphanie et Amandine du label qui ont produit le disque, et tout le reste c’est plus ou moins de l’auto-production, dans le sens où c’est nous qui avons enregistré une partie du disque, etc.

Manifesto XXI – Pourquoi avoir choisi de sortir un EP de remixes de Lighthouse, et comment avez-vous sélectionné les artistes remixeurs ?

Fragments : Le concept nous plaisait, ça créait une sorte de bonus à l’album, puis on avait déjà tenté l’expérience avec notre premier single, et on était partants pour la réitérer. Puis c’est intéressant de découvrir les différentes interprétations d’un titre que nous on connaît par cœur, il y a des surprises… Là il y a cinq remixes, et vraiment cinq identités, cinq œuvres singulières à partir des mêmes matériaux. Quant aux remixeurs, ce sont des artistes qu’on a soit rencontrés nous-mêmes, soit connus via notre entourage.

Manifesto XXI – De quoi est constitué votre set up live ?

Fragments : Deux guitares, piano, batterie, différents pads / controllers et un ordinateur.

Manifesto XXI – Qu’est-ce que vous gérez avec la MAO sur scène ?

Fragments : Le clavier basse de temps en temps, beaucoup de samples, des séquences…

Manifesto XXI – Vous êtes fidèles à vos versions studio en live ?

Fragments : Globalement oui, mais il y a des arrangements. Par exemple il y a beaucoup de piano acoustique sur les versions studio, qu’on est obligés de remplacer par autre chose en live.

Manifesto XXI – Vos meilleurs souvenirs de live ?

Fragments : Les Vieilles Charrues déjà, on s’en souviendra toute notre vie, c’était assez fou, jouer devant beaucoup de monde, une scène immense… C’est vrai qu’on a eu la chance en peu de temps d’existence de faire quelques gros festivals, qui symbolisaient beaucoup pour nous : Les Vieilles Charrues, Le Printemps de Bourges, Le MaMA, Les Transmusicales… Puis d’autres expériences cool comme le live à FIP, France Inter… Pour un jeune groupe ce sont de belles expériences marquantes.

Fragments © Gwendal Le Flem

Manifesto XXI – Dans quel festival français – où vous n’avez pas encore joué – souhaiteriez-vous particulièrement être programmés ?

Fragments : Probablement La Route du Rock. C’est un festival proche de chez nous, reconnu, avec généralement des artistes qu’on apprécie, le site est cool, on y a déjà tous été en tant que festivaliers…

Manifesto XXI – Est-ce que vous avez eu l’occasion de jouer dans des lieux atypiques ?

Fargments : Oui ! Des jardins, des caves, une chapelle pour le festival Les IndisciplinéEs…

Manifesto XXI – Vous suivez de près l’actualité de la scène émergente française ?

Fragments : Oui, on suit plutôt bien tout ça, même si c’est assez éloigné de ce qu’on fait on aime beaucoup Radio Elvis par exemple. Et il y a plein d’autres artistes qu’on apprécie.

Manifesto XXI – Vous vous sentez plutôt bien dans le contexte musical français ?

Fragments : On ne se retrouve pas dans tout, c’est normal, mais il y a quand même de très bonnes choses, on ne peut pas le nier. Après on se sent bien en France, mais c’est vrai que notre style de musique est très peu représenté.

Manifesto XXI – Malgré cette sous-représentation, est-ce que vous vous sentez quand même appartenir à une certaine vague musicale en France, ou le sentiment d’isolement domine ? 

Fragments : C’est assez drôle parce que finalement à Rennes, la musique instrumentale n’est pas trop mal représentée, surtout ces dernières années, avec des groupes comme Totorro, Mermonte… qui ont vraiment émergé. Mais c’est vrai qu’ailleurs en France, pas mal de groupes existent, mais ce n’est pas forcément un style très représenté. C’est marrant de se retrouver dans d’autres villes, lieux, face à des gens qui nous disent : « C’est cool ce que vous faites, mais pourquoi il n’y a pas de chant ? ». Alors qu’on a beaucoup moins perçu ça en Belgique ou en Suisse, où finalement ces scènes-là sont beaucoup plus représentées. Au Luxembourg aussi il semblerait qu’une grosse scène instrumentale soit en train d’émerger. Ce sont pourtant des pays frontaliers, mais en France, il n’y a pas cette culture-là, il y a toujours cette culture de la chanson, du texte.

Manifesto XXI – Pour les visuels, avec qui et comment travaillez-vous ?

Fragments : On y tient, c’est important pour nous. On est tous les trois fans de cinéma, de séries… et l’image nous inspire autant pour composer que la musique. C’est quelque chose qu’on a voulu retranscrire sur le live, en collaborant avec le collectif Grand Géant, qui nous a créé une scénographie basée sur un dispositif lumière synchronisé avec la musique. Le rendu donne quelque chose d’un peu envoûtant, sans toutefois accaparer toute l’attention.

Manifesto XXI – Quelles sont vos priorités pour les prochains mois ?

Fragments : Maintenant que l’album est sorti, défendre le disque sur scène !

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