PHILÉMON CIMON, RENCONTRE. [BARS EN TRANS 2015]

©LePigeon

À l’occasion des Transmusicales, nous avons rencontré l’artiste québécois Philémon Cimon. À l’image de son nom, le personnage nous dévoile son parcours avec sensibilité, humilité et douceur, autant de caractéristiques que recèlent ses chansons hautes en poésie. (Ah oui pour la précision, à Québec on crée “une pièce” de musique et on “écoute” un film. Rien que pour ça, on adore.)

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Manifesto XXI – Votre album est sorti en septembre au Québec, c’est bien ça ?

Mon troisième album est sorti en septembre au Québec, oui. Son style se trouve un peu entre mes deux précédents. Le premier, je l’ai fait un peu par hasard, à Cuba. J’ai rencontré des musiciens là-bas et j’ai enregistré un album avec eux. Puis, j’ai renouvelé l’expérience à Montréal pour le deuxième album. Et pour le troisième, j’ai emmené mes musiciens à Cuba, pour mélanger un peu tous les musiciens. Pour être un peu déstabilisé aussi, ça fait toujours de la belle musique quand on est déstabilisé.

Manifesto XXI – Montréal, Cuba… Quelle place prennent ces deux univers dans votre musique ?

Premièrement, c’était un hasard. On se retrouve, et c’est ça qui est beau. Il y a des différences culturelles immenses, mais on se retrouve dans la musique. C’est une rencontre humaine. Ce n’est pas inscrit dans un style musical au fond. On essaie de se comprendre et quand on se comprend, on se dit que c’est bon, et on garde cette prise-là. C’est ça qui est beau, c’est l’imprévu de la chose que j’aime bien. Sauf que sur mon dernier album, tous mes albums en fait, ça ne sonne pas comme le Buena Vista Social Club. Ça n’a rien avoir avec ça, même si j’ai joué avec des musiciens de ce bar-là. Au fond, ce sont des musiciens internationaux. Tu leur donnes une grille d’accords et ils font toute sorte de trucs. Ce que j’aime beaucoup chez les Cubains, c’est qu’ils n’ont pas peur de foncer. Ils se lancent dans la pièce sans aucune peur. Je ne sais pas si ça a un rapport avec leur culture, le fait qu’ils se disent qu’ils n’ont rien à perdre. Ce genre de possibilité fait qu’ils donnent tout, comme s’il n’y avait pas de conséquences. Et ça c’est beau, j’aime bien.

Manifesto XXI – Philémon Cimon, c’est votre vrai nom ?

Philémon est mon vrai prénom et mon nom provient de ma famille, mais ce n’est pas mon nom. Ce sont des gens qui viennent de Charlevoix, dans la campagne du Québec.

Manifesto XXI – Vous avez créé votre groupe récemment… “Philémon Cimon” représente-t-il le groupe ou deux choses distinctes ?

Ce sont deux choses relativement distinctes. Mon groupe habituel ne vient pas avec moi aujourd’hui. Ils sont occupés en ce moment. Nic Basque, qui fait la guitare, fait partie d’un groupe qui s’appelle “Plant and animals”, qui est très bon, que j’aime beaucoup. Le bassiste est un réalisateur, il fait beaucoup de choses. Et mon pianiste est plus un pianiste de jazz. Cet album-là, j’avais envie de le faire en bande. Ça a créé une énergie qui a permis de travailler pendant un moment ensemble. C’était plus une blague le nom du groupe : Conjunto chante.

Manifesto XXI – C’est facile de s’adapter à des musiciens différents ?

Oui. Puis non. On n’a pas vraiment le choix. (rires) Aujourd’hui, mes deux musiciens sont des musiciens avec qui je n’ai pratiquement jamais joué. C’est sûr que ça demande un effort supplémentaire. Moi j’aime bien que le musicien puisse s’exprimer à travers son propre langage. C’est là-dedans qu’on est le meilleur. On travaille les pièces, mais ensuite, je ne leur redemande pas de faire ce qui a été fait. Il faut juste sortir de la bonne énergie. Sinon, tu essaies de faire une imitation de quelque chose, ce n’est jamais très bon. C’est vrai que ça demande une adaptation.

Manifesto XXI – Pour parler un peu plus de votre univers musical, certains thèmes sont récurrents : l’enfance, l’amour. Comment vient l’inspiration ? Comment composez-vous ?

À chaque fois c’est différent, et c’est une manière de gagner en créativité, de ne pas toujours prendre le même chemin, parce que sinon on finit un peu par s’enliser. Dans le dernier album, ce qui m’a vraiment stimulé, c’est la lecture de littérature classique. Il y a quelque chose d’universel dans ces livres, ça m’inspire beaucoup. J’ai l’impression de voyager, ça me fait du bien. Puis ça finit par raisonner avec des choses que j’ai vécues j’imagine. Don Quichotte de Cervantès m’a beaucoup inspiré. Dans la Bible aussi, il y a toutes sortes d’histoires intéressantes : le paradis perdu, Adam et Ève. Il y a aussi une pièce qui m’a marqué lorsque j’étais au Mexique. Ça parle du trafic de drogues narcotiques très important là-bas et qui engendre beaucoup de morts. Au Mexique, il y a beaucoup de journaux people un peu comme ici, sauf qu’en couverture ce sont des têtes arrachées, des assassins, c’est très spécial. Le matin, ça m’était resté dans la tête. Puis j’ai écrit la pièce. C’est un peu mystérieux l’inspiration, tu ne sais pas trop comment ça t’arrive. Elle est continuellement alimentée avec toute sorte de trucs, que ce soit la littérature, dans les voyages, les rencontres. Et c’est ça qui fait que ça marche.

 

 

MXXI – Vous vous inspirez des autres formes d’art finalement, pour composer votre musique.

Oui, c’est vrai que ça aide. Des fois, sortir de ce qu’on fait, ça fait du bien aussi. Ça peut devenir répétitif. Le milieu de la musique, j’aime bien, mais des fois ce n’est presque plus stimulant intellectuellement au sens où c’est répétitif. On fait des choses mais on n’a pas vraiment le temps de voir le monde. Finalement t’es face à toi-même dans une solitude qui peut devenir un peu pauvre si on en fait trop. J’essaie de m’évader le plus possible en dehors.

Manifesto XXI – Est-ce que vous arriveriez à définir votre style de musique ?

Chaque album est vraiment différent. J’aime ne pas avoir à me définir dans un style. C’est agréable, pour être libre. J’essaie de pas trop me mettre de barrières. Quand j’ai fait une chose, j’essaie d’en faire une nouvelle la prochaine fois. Une chose que j’aime bien, c’est le côté artisanal de l’enregistrement des années 50/60. Il y avait moins de possibilités de micro, de tout trafiquer. Généralement je travaille comme ça aussi. J’aime que l’enregistrement se fasse avec tout le monde en même temps, dans la même pièce parce que j’ai l’impression que, même si tu perds en qualité sonore, tu gagnes beaucoup en vitalité, en spontanéité. J’aime ça, que la musique soit vivante. C’est là que j’ai du plaisir. Ce que j’aime c’est faire de la musique donc j’aime le moment de l’enregistrement. C’est un moment de création. Je veux que ce soit une photo de moi avec mes musiciens favoris qui avons eu un bon moment. Quand on est allés à Cuba, on a juste eu un bon moment, c’était vraiment beau, j’en garde plein de bons souvenirs, de mes deux premiers albums aussi. C’est des événements très marquants pour moi. C’est un moment de stress parce que tu vis beaucoup d’émotion aussi. J’espère que l’album sera bon. Ce sont des expériences qui m’apprennent beaucoup. Je ne me donne pas une étiquette, mais tu sais, c’est ça que j’essaie de faire.

Manifesto XXI – En tout cas, on sent que c’est très sincère. Il y a un côté simple, désuet dans les paroles… Quelle est votre inspiration pour les textes ?

Dernièrement, je me suis alimenté de toute sorte de littérature donc souvent ça prend une sorte de recherche où tu gardes les yeux ouverts, tu essaies d’accumuler de l’information, soit dans un livre, soit dans n’importe quoi. Des fois, ça va être une recherche volontaire, des fois c’est involontaire. Je ne sais pas si c’est parce qu’il y a quelque chose dans ta vie. Admettons, ta mère est super malade et ça te stresse. Tu vas y réfléchir énormément et tu vas trouver des choses à dire là-dessus. Ou quand tu tombes en amour, c’est pareil. Mais des fois ta vie est juste tranquille. À ce moment-là, il faut que tu fasses le même travail volontairement. Une fois que c’est fait, que tu as accumulé plein d’informations, le moment de l’écriture pour la chanson se fait assez rapidement. C’est ce qui fait qu’on ouvre une fenêtre sur l’inconscient. J’essaie d’ouvrir une fenêtre sur ce qui est inconscient à l’intérieur de moi, sur ce que je n’arrive pas à nommer généralement dans la vie. Je ne vais pas prendre des mois et des mois pour écrire un texte. Si je prends beaucoup de temps pour y penser, je vais avoir l’impression de peut-être me censurer. Alors que quand tu fais un gros travail de recherche en amont, l’inspiration vient de manière plus spontanée, plus instinctive. On finit par dire des choses plus vraies à ce moment-là, au sens où ça ne parle pas que de moi, mais d’un peu tout le monde. À l’intérieur, on est tous un peu les mêmes. On s’en tient à l’essentiel.

Manifesto XXI – On a l’impression que c’est épuré. Ça va vraiment droit au but, et en même temps, c’est poétique.

C’est ce que j’essaie de faire, en tout cas quand je réussis, c’est ça que je fais, je pense. Des fois, je ne réussis pas. J’ai des paquets de feuilles ou c’est moins direct, moins sincère et ça me plaît moins. Il faut que j’aie envie de continuer à chanter ces pièces-là même un an ou deux ou trois plus tard. Il faut que je dise quelque chose qui va pouvoir prendre vie autrement ensuite. Que les gens puissent se ré-approprier cette histoire-là. Il faut que dans deux/trois ans, avec les choses que j’ai vécues, je sois encore capable de trouver des assises émotivement impliquées. C’est à ce moment-là qu’une pièce est bonne, quand il y a toutes ces possibilités d’ouverture, comme les classiques, c’est pour ça que j’aime les classiques. On peut les lire plusieurs fois dans notre vie et on redécouvre des choses à chaque fois.

 

 

 

Manifesto XXI – Avez-vous quand même des influences ou un style qui vous inspire particulièrement ?

Je m’inspire de vraiment beaucoup de choses. Ce qui m’intéresse c’est quand une forme d’art arrive à toucher quelque chose d’essentiel, de viscéral. Je peux le retrouver sous toute sorte de formes. L’été passé, je suis allé au Portugal, je me suis ré-intéressé au fado, je trouve qu’il y a des choses super belles dans cette musique. Ça m’a inspiré certaines mélodies. Plusieurs années plus tôt, je suis allé en Espagne et j’ai trouvé les mêmes choses dans le flamenco. À Cuba aussi, j’ai trouvé des inspirations. Sinon, cette année j’ai beaucoup écouté John Lennon, j’aime beaucoup ça. Beaucoup de musique classique aussi. Ah le gospel aussi ! Toute la vieille musique blues du Mississippi et sud-américaine me plaisent vraiment beaucoup car c’est sans artifice. J’écoute Bach presque tous les matins, Bob Dylan aussi. C’est comme ça que je me tiens intéressé. Je ne trouve pas que l’art s’arrête à un style de musique. C’est comme les gens, y’a toute sorte de monde. Y’a moyen d’être ami avec n’importe qui, peu importe le métier, peu importe l’âge. Ça dépend surtout du lien émotif qui se produit ou non : s’il existe une résonance dans la rencontre entre 2 personnes ou entre moi et un style musical. Souvent j’ai l’impression de faire une collaboration avec l’artiste en m’inspirant de son style. Par exemple, j’aime beaucoup un groupe cubain « Los safiros » et j’avais l’impression de collaborer avec eux au sens où ils m’apportaient beaucoup : j’apprenais leur pièce, ça m’apprenait de nouvelles choses, comme s’ils m’avaient aidé à écrire ma pièce. Et ensuite, avec ces rencontres, je change un peu. Mais c’est ça que j’aime, les voyages, la rencontre et la musique me permet vraiment ça.

Manifesto XXI – C’est la première fois que vous faites un concert ici, en France ?

Je suis venu souvent. Mais là depuis cet été, ça fait 3 fois, c’est plus intensif. On est venus en octobre pour le MaMA, là on fait les Bars en Trans. On joue le 9 à Paris. C’est agréable. C’est la première fois où il y a un réel intérêt venant de la France. Je sais pas où ça va mener. J’ai vu des Français sur internet manifester leur intérêt mais d’avoir la possibilité de venir jouer ici, de faire partie de beaux festivals aussi, ça devient concret. J’espère pouvoir revenir. Mais c’est compliqué, c’est peut être une question de business aussi…

PhilémonCimon

Manifesto XXI – La réception du public est différente entre le Québec et la France ?

Oui ça change, les âges sont les mêmes mais la réception est différente. On me parle souvent plus des textes en France, j’apprécie ça d’ailleurs. Il y a même des gens qui me parlent de lignes en particulier dont ils se rappellent ! J’imagine que les Français portent plus d’attention aux textes, je ne sais pas, en tous cas c’est mon impression. J’aime bien, parce que j’aime ça, écrire.

Manifesto XXI – En dehors de l’écriture, vous avez aussi des clips, qui sont presque des mini courts-métrages, vous aimeriez bien avoir un lien étroit avec le cinéma ? Composer pour le cinéma ?

Oui c’est sûr. Une fois ça m’est arrivé en fait, il y avait une pièce sur le deuxième album que j’avais écrite après demande. Pour une scène d’ouverture. J’avais vraiment aimé l’expérience. C’est une autre bonne façon de se stimuler, de trouver une direction tout de suite car tu as une collaboration, une réponse à donner. C’est agréable parce que ça nous oblige à multiplier les tâches. Le cinéma en est une belle. Ça permet aussi de rencontrer des gens, des artistes d’autres médiums. Je trouve ça fun. Plus je vieillis plus je prends plaisir à la rencontre. Quand j’étais jeune j’étais gêné par les gens un peu, c’est sûrement ça qui a fait que je me suis mis à écrire aussi. D’ailleurs c’est souvent le cas, les gens se mettent à écrire car ils ne sont pas capables de le dire autrement. À un moment donné, peut être qu’on passe à autre chose. Je me rends compte que j’aime beaucoup rencontrer les gens à travers l’art en fait. J’aimerais le faire le plus possible, donc oui le cinéma avec plaisir.

 

Manifesto XXI – Vous avez toujours voulu faire de la musique ?

Ouais. Je m’en rappelle j’ai commencé à jouer de la guitare quand j’étais jeune puis j’ai composé tout de suite. Depuis mon premier concert, j’ai envie de faire ça. J’avais chanté une chanson des Beatles. Je me rappelle avoir vraiment aimé ça.

Manifesto XXI – Vous étiez dans un groupe quand vous étiez plus jeune ?

Ouais j’avais un groupe avec des amis. Puis je suis parti en Inde pendant un an et c’est devenu vraiment plus clair. En perdant mes repères, je continuais à vouloir faire de la musique. C’était ça qui me tenait, qui restait malgré le fait que j’étais perdu. À ce moment-là, j’avais 17 ans, je suis revenu avec l’idée de faire ça dans la vie. Je ne sais pas comment c’est venu. C’était un peu naïf mais finalement les choses se sont faites. C’était une quête, c’était fun. J’ai pas vraiment eu le temps de me dire que j’allais faire autre chose dans la vie.

Manifesto XXI – L’interview va bientôt se terminer, auriez-vous un film à conseiller au lecteur ?

J’avais vraiment beaucoup aimé Casablanca. Je l’ai réécouté cet hiver, j’ai trouvé ça vraiment beau. Ça se passe pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ça a été fait aux États-Unis, mais beaucoup d’émigrés qui venaient de fuir la guerre ont été figurants dans le film. C’est une histoire simple, une histoire d’amour comme dans beaucoup d’autres films. Tourné en plus à une époque où ils faisaient 10 films par semaine à la chaîne. Pas toujours des bons d’ailleurs. Et je ne sais pas pourquoi celui-là est un moment de grâce où tout le monde se retrouve et c’est très émotif. Y’a une scène où ils chantent la Marseillaise qui, à chaque fois, me bouleverse, c’est vraiment beau. Ça n’a quasiment pas l’air joué, tout le monde a la larme aux yeux. C’est particulièrement touchant.

J’en écoute beaucoup de films c’est vraiment stimulant. Il y a vraiment de la belle musique dans les films. J’écoute plus des vieux films encore ici. Il faut croire que j’aime ça. Je viens de voir une trilogie de films sur la post-Seconde Guerre mondiale de Roberto Rossellini qui est assez dure. C’était pas mal aussi, une autre ambiance. C’est difficile à regarder mais c’est beau.

Manifesto XXI – Finalement ce qui vous inspire, ce qui guide vos créations et votre vie, ce sont l’émotivité et l’amour ?

C’est sûr que l’amour… c’est tellement un grand thème. Y’a quelque chose que je trouve beau là-dedans. Des vrais actes d’amour, des gestes d’amour, y’a quelque chose que je trouve vraiment touchant là-dedans, les hommes qui se sont mis devant d’autres à Paris pour les protéger pendant les attentats… Que ce soit ça ou même les actes de sacrifice que l’on fait parfois pour quelqu’un, ça montre un amour pour l’humanité finalement, une croyance en la paix. Y’a quelque chose qui fait du bien dans ça, qui amène la paix à l’intérieur, qui arrête la tribulation. J’aime ça, je trouve ça beau, ça m’inspire. Mais ça a un million de formes. La plupart de mes pièces parlent de relations amoureuses, pas toutes mais il y en a beaucoup. Surtout dans le premier album. J’étais plus jeune, c’est une époque où l’on est fasciné par l’amour, au sens où l’on se découvre à travers l’autre et l’on est dans une vraie crise de narcissisme aussi. Le besoin de comprendre qui on est, d’affirmer notre identité passe alors beaucoup à travers la personne que l’on croit aimer mais que finalement, l’on transporte comme trophée. Mais le temps passe un peu et je me rends compte que le sentiment qui me plaisait là-dedans est plutôt l’amour au sens large, le fait d’être frères et sœurs.

Propos recueillis par Marine Delatouche et Jeanne Gouinguenet.


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DISCOGRAPHIE :
Les sessions cubaines (février 2011)
L’été (janvier 2014)
Les femmes comme des montagnes (2015)

 

Philémon sera en concert à Paris au Trois Baudets le 9 décembre à partir de 20 h. Infos ici : http://www.lestroisbaudets.com/spectacle/baptiste-w-hamon-3-philemon-cimon-2/

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