P A, explorateurs mélancoliques du turfu sonore et visuel

Quelque part entre culture pop, rap et électronique, rétro-futurisme et avant-gardisme, on vous suggère aujourd’hui une plongée dans l’univers excitant de P A. Au fil des rythmiques breakées, des ambiances planantes et des filets de voix distordues sous les effets, leur musique évolue sur des terres encore inconnues entre l’héritage PNL et la galaxie de l’expérimentation électronique. D’autant plus que les cinq créatifs ne se contentent pas du langage sonore, puisqu’ils associent à leurs compositions des vidéos originales mêlant synthèse et tournage, fusionnant une culture cinématographique avec des codes Internet wave geeky, science-fi, glitchy ou encore retrowave. En clair : un gang absolument inclassable et innovant, qui vit et crée avec l’esprit et les outils de son temps.

Manifesto XXI – Comment le projet a-t-il débuté humainement ? 

P A : Le projet existe depuis un moment. On est cinq. Une partie du groupe venait de Nîmes, puis on a rencontré les autres en montant sur Paris, et ça a matché direct.

Vous avez mis un peu de temps à trouver votre style, ou ça a été assez instinctif ? 

On ne l’a sûrement pas encore trouvé, et on ne le trouvera certainement jamais car la musique change tous les jours et on veut rester ouverts, mais on fait confiance à la variété de nos personnalités pour créer un truc à nous, qui nous est propre.

En ce moment, on écoute pas mal de gabber, de musique brésilienne… On essaie de tenir compte de ce qui se fait en ce moment, sans non plus se rattacher à des codes précis. On essaie de suivre ce qui nous plaît, sans se bloquer.

Le dernier EP est plutôt trap, mais ça peut re-bouger très vite.

On part aussi du principe que si on est cinq à faire ce son-là, peu importe le son qu’on fait, on gardera une patte particulière car ce sont les cinq mêmes gars.

C’est important pour vous d’être innovants ? 

C’est la base, pour nous. De rester à l’affût de ce qui se passe, de creuser…

Vous semblez porter une grande attention à la vidéo, et vous en publiez beaucoup…

On fait pratiquement tous de la vidéo dans la vie, oui. On a du matos chez nous, ce qui nous permet d’improviser des sessions de tournage de clip très facilement – ce qui est un peu le piège aussi, d’ailleurs, car ce n’est pas comme se mobiliser sur un temps et un projet précis, c’est moins structuré et plus spontané.

Ce qui est intéressant maintenant, c’est de voir comment on va amener cet aspect vidéo en live.

En tout cas, de manière générale, l’image est très importante pour nous.

À quoi ressemble votre set up live ? 

Il y a pas mal d’ordinateurs, de sons synthétiques ; il y a plein d’auto-tune, tout le monde fait des backs, et on joue la carte « musique Internet » à fond. Il y a aussi du jeu rythmique sur MPC, et de la guitare.

Peu importe comment évolue notre style, ça nous tient beaucoup à cœur de garder la guitare, car c’est un instrument qui nous parle à tous, et on aime le côté pop que ça dégage.

Vous avez fait très peu de lives pour l’instant, est-ce que c’est la priorité pour cette année ? 

On a mis du temps à mettre en place notre live parce qu’il est complexe. Mais maintenant qu’on sait qu’il tourne, on attend que ça, oui, des dates.

Après, le but n’est pas non plus d’en faire des tonnes, mais de jouer dans des endroits cohérents, qui nous plaisent, face à un public susceptible d’être intéressé.

Au-delà du live, la priorité pour nous reste quand même la prod’. On souhaite alimenter notre flux de manière régulière.

Vous travaillez tous ensemble ? Où ? Comment ? 

On travaille tous un petit peu chez nous, puis on se réunit ensuite chez l’un d’entre nous pour bosser ensemble.

Vous êtes des producteurs plutôt prolifiques…

Là, on est dans une phase où on produit énormément, pour essayer de déclencher de nouveaux styles. On est en train de sélectionner quelques tracks pour le prochain EP.

Les EPs, c’est important pour marquer le coup et pour atteindre la presse ; mais nous, ce qu’on aime, c’est surtout sortir des choses en flux continu. Donc il y aura aussi plein de sorties hors des EPs.

Est-ce que vous suivez beaucoup ce qui se fait artistiquement autour de vous, notamment à Paris, où vous vivez ? Quel rapport entretenez-vous avec la scène émergente environnante ? 

On pourrait en parler des heures ! Depuis trois ans, il se passe énormément de choses, il y a eu un regain incroyable. Il y a des soirées underground partout, il y a eu une grosse phase techno… Là, on a affaire à de vraies choses, avec Bye Bye Ocean, ParkingStone, GDS… et toute la scène frapcore du moment. Les gens ont soif de nouveauté, et on sent qu’ils s’amusent dans ces soirées-là, c’est important !

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