Madonna : génie, icone, légende, MILF

Quand je pense “Pop Culture”, je pense à Madonna: quand je pense à Madonna, je pense “Pop culture”. Coïncidence? Je ne crois pas, et vous non plus.

Aujourd’hui, les nouveaux phénomènes de la pop culture naissent aussi rapidement que les poules grossissent en batterie et Internet se charge de les élever en icônes ou de les réduire en cendres en quelques heures seulement. Pourtant, le nom (et la requête Google) Madonna continuent d’être associés au titre de Reine de la Pop. A tort ou raison? Je vous explique ici comment Madonna Louise Ciccone, descendante d’un fils d’immigrant italien (Silvio Tony Ciccone) et d’une québécoise (Madonna Louise Fortin) est montée sur le trône de la musique et de la culture pop.

Madonna, ce n’est pas que des rides et du latex sur Instagram. Avant de devenir une couguar wannabe en berne dans les charts, Madonna fut l’incarnation d’une génération, le renouveau d’une culture, le symbole d’une liberté, une machine de propagande féministe et libérale à la tête d’un commerce qui lui a rapporté gros.

Nous sommes à l’aube des années 80, en septembre 1978 exactement, et une certaine Louise, très talentueuse, fauchée et en quête de gloire, débarque à New York. Il ne lui faut pas longtemps pour sortir un premier album, sobrement intitulé Madonna, en 1982.

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Le succès est lent mais certain (il mettra un an à passer de la 123ème à la 8ème place au Billboard 200). Une tournée (The Virgin Tour) et dix millions d’albums plus tard, le second opus sort, et il s’appelle Like A Virgin. Vingt et un millions d’exemplaires vendus, plusieurs singles numéros un (Like A Virgin, Material Girl, Dress You Up…), le phénomène pop est né: les jeunes américaines et européennes adoptent son style, sa coupe de cheveux, ses bracelets en caoutchouc et ses croix. Ce sont les « Madonnabe », premières groupies de Madonna.

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Une Madonnabe

Louise, trente quatre petits dollars dans la poche, est maintenant devenue Madonna, cinquante millions à la banque.

Dès 1985, elle s’engage et participe au Live Aid, se rapprochant déjà de la communauté homosexuelle, un pilier pour sa carrière. Elle aura aussi, cette année là, ses premiers rôles : le sien dans Vision Quest de Harold Becker et celui de Susan dans Recherche Susan Désespérément de Susan Seidelman. 1986, elle sort True Blue (Papa Don’t Preach, La Isla Bonita…) un succès mondial écoulé à trente millions d’exemplaires.

 Viennent le single Like A Prayer et son album éponyme. Et le clip. Ah! Le clip. Le pape n’apprécie pas et le fait interdire en Italie, les extrémistes crient au satanisme, et pourtant, le succès est au rendez-vous! Le single et sa vidéo (aujourd’hui encore deuxième clip le plus cher de l’histoire) d’ Express Yourself, réalisé par David Fincher, connaitrons tout deux le même succès.

 

 Viendra ensuite l’album I’m Breathless (1990) et le très connu single Vogue, puis la tournée Blond Ambition Tour, pendant laquelle elle mimera une masturbation sur scène et se verra interdite de concert chez les ritals (encore un coup du pape). La police essaiera même de l’arrêter à Toronto la même année. Le clip de Justify my love se voit interdit de diffusion sur MTV et deviendra l’une des vidéos musicales les plus vendues au monde grâce à la détermination de Madonna qui le fera sortir en VHS.

 Il y aura aussi Truth or dare : in bed with Madonna d’Alek Keshishian (projeté à Cannes hors compétition), puis sa propre maison de disque en 1992 (Maverick Records) et son premier produit, le très connu livre érotique SEX. La même année, en accompagnement, alors que la plupart d’entre nous n’avions que quelques mois, elle sort l’album Erotica, qu’elle veut jazzy, sombre et froid. Le clip du single homonyme sera interdit dans plusieurs pays.

 

 Mais la libération (de la femme et de son corps) qu’elle a propagé est “faite” et son image passe de la Queen of Pop au porno soft. Pour redorer tout ça, la Madone se lance dans une tournée sur les cinq continents, The Girlie Show Tour. Le Girl Power et le succès reviennent, et en 1998, Ray Of Light voit le jour. L’album lance le tournant dance, électro qu’on lui connaît aujourd’hui et Music sort en septembre 1999, un mois après son fils Rocco (aujourd’hui bourré au Bombay Saphir sur Instagram). Le commerce renait mais le scandale est toujours là et le clip de What It Feels Like For A Girl est censuré car trop violent.

Après 8 ans d’absence (sa plus longue retraite), elle pond le troisième clip le plus cher de l’histoire pour James Bond : Die Another Day.

En 2003, c’est l’engagement politique qui prend le dessus avec l’album American Life, et la chanson (encore) homonyme, accompagnée d’un clip où une grenade est lancée à un sosie de George W. Bush (ici). Madonna s’auto-censure pour la première fois face aux appels au boycott et change le clip pour celui que nous connaissons tous (ici).

La même année, elle embrasse ses progénitures musicales Britney Spears et Christina Aguilera, portant la robe de mariée blanche façon Like A Virgin, aux MTV Video Music Awards. Une scène culte.

Entre deux tranches de camembert, la France danse au rythme des singles Hollywood, Nothing Fails ou Love Profusion (dont le clip est réalisé par Luc Besson).

 

 Madonna continue d’envahir le monde de la culture de masse mais cette fois côté librairie, et sort son premier livre pour enfant “The English Roses” (WTF ??). Le succès sera au rendez-vous mais les neuf autres passeront inaperçus.

En 2004 elle vend 58 dates en quelques heures seulement pour The Re-Invention Tour, où elle diffusera le documentaire I’m Going To Tell You A Secret, réalisé par Jonas Åkerlund. Novembre 2005, nouvel âge d’or : Confessions On A Dancefloor sort et, porté par les singles Hung Up (seul sample autorisé du groupe ABBA et numéro un dans quarante cinq pays), Sorry, Jump ou Get Together, ce remake pop/dance des années 70/80 devient un carton mondial.

Dans la foulée, Madonna collabore avec Pharell Williams et Timbaland pour sortir Hard Candy dont le succès du single 4 minutes (son 37ème single numéro un) fera la renommée. L’album Celebration, en 2009, connaitra le même engouement.

Enfin, en 2012, déjà plus fatiguée (ou juste vieille), Madonna sort MDNA (dont les premiers singles seront Give Me All Your Luvin’ et Girl Gone Wild, un hommage à elle même). Contrairement à ses débuts, l’album subit les mauvais côtés de notre culture 2.0: descendu dans les medias, les critiques sont relayées en masse sur Internet et son contenu est discrédité.

Pourtant, dans les faits, l’album détient le record historique de vente en une journée sur iTunes et il donnera naissance au MDNA Tour, sa plus grande tournée. Musicalement (et visuellement), tout Madonna est là et les fans s’y retrouvent.

En 2013, toujours aussi engagée, Madonna sort son Secret Project, avec Steven Klein, un court métrage de dix-sept minutes pour la tolérance et la liberté d’expression.

Madonna c’est donc 31 ans de carrière (c’est plus que les Simpsons) et 300 millions de disques vendus, ce qui fait d’elle la seule femme au monde à en avoir vendus autant.

Madonna c’est aussi 19 films en tant qu’actrice, la voix de la Princesse Sélénia de Besson, un Golden Globe de la Meilleure Actrice pour le rôle d’Eva Perón (dans Evita d’Alan Parker), une apparition dans Will & Grace à la télévision, trois rôles au théâtre, deux publicités réalisées (M by Madonna pour H&M et Miu Miu pour leur collection automne/hiver 2010) et deux films en tant que réalisatrice (Obscénité et vertu ainsi que W.E. dont elle est aussi la productrice).

Pour conclure, je vous renvoie donc à une scène de Glee, qui traite on ne peut mieux de la pop culture, où Will Shuester écrit “MADONNA” au tableau et demande à ses élèves ce que ça leur évoque. Les réponses sont claires et précises, “génie”, “icône”, et “légende / M.I.L.F”.

Madonna par Marie Warburton
Madonna par Marie Warburton

 

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