Leska, premier live ; feedback & rencontre

© Gaëlle Evellin http://gaelleevellinphotographe.tumblr.com/

Le 23 octobre dernier, Leska, duo composé des producteurs de musique électronique Douchka et Les Gordon, présentait son tout premier live à l’Antipode à Rennes en première partie de La Fine Equipe (interview à retrouver ici), dans le cadre d’une soirée organisée par Decilab. Volontairement très discret sur le web à propos de ce projet, le duo avait réussi à créer une véritable attente autour de cette « live release », du fait de la renommée respective des projets Douchka et Les Gordon. Autant dire que le public n’a pas été déçu ; 45 min de live ciselé, scénique, à la spontanéité et à l’énergie certaines. Les ordinateurs en retrait, de multiples instruments joués live, un plaisir expressif et communicatif ; vernissage incontestablement réussi pour le duo.

MXXI – Dans quel contexte est né ce projet Leska, notamment au regard de vos projets persos respectifs ; Les Gordon et Douchka ?

Marc : On s’est rencontrés lors d’une soirée l’année dernière à l’ECAM, on avait parlé rapidement musique, puis on s’est revus pour faire un peu de son ensemble, et ça a tout de suite bien accroché. On avait une bonne affinité en général, pas seulement musicale, en termes humains aussi.

Thomas : Le premier morceau qu’on a fait c’est Olympia, il y a un an, c’est un des morceaux qu’on aime le plus malgré le fait que ce soit le plus vieux, c’est d’ailleurs celui qui clôt le live. On l’a fait en trois jours, et le projet est né parce qu’on a tout de suite vu que ça marchait vraiment bien quand on était tous les deux en studio, il y avait une alchimie palpable. C’était très naturel, une vrai complémentarité s’installait. Et chose rare dans les duos électroniques, il n’y en a pas un plus producteur que l’autre, on a vraiment un fonctionnement en back-to-back, en ping-pong, chacun y met autant sa patte. Après la chose indispensable pour que ça fonctionne reste le facteur humain, et quand tu rencontres quelqu’un avec qui tu t’entends bien sur de multiples plans, tu te dis que c’est fait pour fonctionner. On a tout de suite eu le soutien par exemple de Gaëtan Naël (programmateur de l’Antipode) ou Nowadays Records (label de Douchka), qui ont immédiatement senti ce potentiel d’alchimie créative au sein du duo.

MXXI – Comment avez-vous envisagé la place de ce projet par rapport à celle de vos projets personnels ?

Marc : On ne s’est mis aucune barrière : quand on pouvait se voir on se voyait, et en découlait souvent un morceau en deux-trois jours, et dès qu’on avait nos engagements respectifs on faisait une pause.

Thomas : Il pouvait se passer trois-quatre mois sans qu’on fasse de prod… Mais ce qui est fou c’est que chaque fois qu’on se voit ça fonce, il y a toujours la même dynamique, jamais de journées à blanc.

MXXI – Que trouvez-vous chacun dans ce projet que vous ne trouvez pas dans vos projets personnels ?

Marc : On a vraiment des profils complémentaires. Par exemple moi j’étais moins concentré sur la prod, et je me suis beaucoup affiné sur ce point aux côtés de Thomas, qui lui s’est plus affiné sur le côté pop et structure. On se motive mutuellement, et je trouve que sur le live il y a une vraie énergie, que moi je ne retrouve pas de la même façon sur mon propre live. Là c’est une énergie qui est commune.

Thomas : On essaie d’éviter le côté récital ; beaucoup de choses sont jouées, l’ordi est mis en retrait… on est plus proches d’une dynamique de groupe, qu’on ne peut de fait pas retrouver sur nos projets persos. Et dans nos deux prochains maxis respectifs à venir, on retrouve un peu de Leska qui s’est greffé à nos projets persos.

MXXI – Des sorties de prévues prochainement ?

Marc : Là on attend surtout de faire le live pour se rendre compte de ce que ça peut donner, de montrer ça à Nowadays aussi qui nous suivent depuis le début. On va peut-être envisager quelque chose au fur et à mesure, mais on est pas pressés, étant donné que ce projet on veut le construire solidement, et que ce ne soit pas quelque chose d’éphémère, il ne s’agit pas d’un simple featuring…

Thomas : Ce n’est pas non plus un side-project, c’est un autre projet qui aura peut-être un jour plus d’importance que nos projets persos, ou pas, on n’en sait rien.

Marc : Mais en tout cas on va prendre le temps.

Thomas : On filera un pack de tracks quand on aura vingt bons morceaux. Il ne faut rien attendre en termes de sorties, de développement, de com et de gros trucs avant… fin 2016 peut-être. On nous pose beaucoup de questions là-dessus, y compris dans notre entourage pro, car les gens ne comprennent pas bien nos priorités entres nos projets persos et Leska ; l’important c’est de comprendre qu’on fait de la musique, point. Et on verra après ce que ça va donner.

Marc : Il n’y a aucune urgence, on se contente pour l’instant de travailler. On n’a pas de page Facebook, de Soundcloud actif… On se concentre vraiment sur la musique.

Thomas : Tout l’aspect com etc., ça égare finalement pas mal de groupes… alors que l’important reste la musique. Et ça nous prend déjà bien assez de temps d’avoir à penser à toutes ces contraintes marketing pour nos projets persos.

Marc : Je pense que c’est aussi un exutoire pour nous de se dire que dans ce projet on peut faire de la musique librement.

Thomas : Après, dans les retours qu’on a de notre entourage perso et pro, on sait qu’il y a déjà une véritable attente autour de ce projet, donc ça nous met une double pression, et on veut vraiment tout préparer minutieusement en amont. Mais on veut rester libres dans ce projet, faire de la musique quand on en a envie… aujourd’hui personne ne possède commercialement Leska, ce qui nous laisse une entière autonomie. D’ailleurs on est les premiers surpris d’arriver avec un live comme ça ce soir, on ne pensait vraiment pas le développer à ce point-là.

Marc : En fait c’est arrivé très rapidement, notamment grâce à cette résidence à l’Antipode.

MXXI -Est-ce que vous pouvez décrire un petit peu le son, le style de ce projet?

Marc : Il découle beaucoup de nos influences. On a une influence commune importante qui est Flume, et après il y a beaucoup de nos influences persos qui se croisent. On retrouve un peu la patte Les Gordon avec la guitare, des sons acoustiques, et pour Thomas une patte un peu Cashmere Cat…

Thomas : …quelque chose d’un peu breaké, des subtilités rythmiques… Dans le sens inverse moi j’avais le don de superposer les couches et de faire des morceaux de 64 pistes, et Marc m’a appris à épurer, et de ce fait finalement à gagner en efficacité. Donc pour résumer il y a ce côté pop instrumentaliste, structure et légèreté hérité de Marc, et moi j’arrivais avec le truc qui tabasse un peu, du fait de mon background club. Dans Leska ce sont vraiment ces deux univers qui se croisent et c’est ça qui est intéressant. Dans un duo si les deux arrivent d’emblée avec la même identité ça ne sert à rien. Par ailleurs ce projet Leska fait vraiment du bien à nos deux projets persos… Putain mec, on va se marier !

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