Les femmes dans Harry Potter : le génie de J.K Rowling

Il est vrai que l’on pourrait s’attarder des heures durant sur le génie de J.K.Rowling, auteure de la célèbre série littéraire Harry Potter. Moi-même, il est fort possible qu’un de ces jours, je lui rédige une lettre d’amour réelle et sincère pour le souffle de vie qu’elle a insufflé à toute une génération. J’ai donc décidé, après grandes hésitations entre tel ou tel sujet passionnant, de m’attarder sur le sujet des femmes dans Harry Potter. Pourquoi ? Parce que les personnages féminins de la saga sont de véritables monstres de la littérature, avec du caractère, de la force, elles vous plaisent, vous énervent, vous touchent, vous révoltent… Ce sont des femmes. Et il me semblait important d’y plonger tête la première avant de découvrir un autre grain de génie de Rowling (et il est clair que je n’ai pas été déçue !)

Sans être une féministe passionnée (mais féministe un peu sur les bords quand même), la représentation des femmes dans l’univers magique d’Harry Potter me fascine depuis quelques temps déjà, faisant partie de ces tarés mordus (qui attendent toujours leur lettre pour Poudlard malgré leur grand âge) qui ont lu chacune des aventures du jeune sorcier des dizaines de fois (si j’avoue le nombre exact pour ma part, je me risque à la camisole).

La maternité applaudie

Et oui, on peut applaudir et mettre en valeur la maternité sans être un mouton fana de la pseudo « Manif pour tous » ! Ce qui me plaît dans la représentation de l’amour chez Harry Potter, c’est que l’amour maternel y occupe une place extrêmement forte. Il fut prouvé maintes et maintes fois l’impact que procure une mère sur son enfant. Qu’il soit bon ou mauvais, les mamans jouent un rôle énorme dans le développement et le futur de leurs progénitures, certains appellent ça les liens du sang, d’autres parlent du lien d’une femme enceinte et du futur bébé, d’autres encore ironisent sur la sensibilité féminine. L’amour maternel est un des fondements du développement des enfants, et J.K. Rowling insiste beaucoup sur le fait qu’Harry était un enfant très aimé, très choyé, rien que dans les flashbacks, les discours des autres mais surtout dans l’acte suprême du commencement de toute l’histoire : le fait que Lily sauve son fils en mourant à sa place. Ce qui, certes, nous démontre la trempe du personnage, mais met aussi le point d’honneur sur cet instinct humain qu’est l’amour maternel, un bouclier humain.

La force de cet amour est aussi représentée par le personnage de Narcissa Malefoy qui démontre en sauvant Harry à la fin de l’aventure que l’amour maternel est plus fort que les convictions ou les croyances, elle qui se retrouve prête à trahir toute la bande de Mangemorts juste pour aller chercher son fils. Harry se retrouve encore une fois sauvé par l’amour d’une maman.

Mais la plus forte représentation de cet amour est, je crois, représentée par l’incroyable Molly Weasley, mère de ses sept mômes, mais aussi de l’Ordre du Phénix en général. Et ce qui me plait le plus dans son personnage, et c’est là que je tire une première révérence à l’auteure, c’est que Molly Weasley est une mère au foyer par choix et par envie. J’ai toujours pensé que si une femme décide de s’arrêter de travailler pour s’occuper de ses mômes, ce n’est pas forcément un diktat de la société qui nous pousse, nous femmes, à rester à la maison. Quand c’est un choix personnel, intime, il n’y a rien à en dire. C’est ça aussi être une femme libre. De plus, l’auteure nous dépeint la poigne du personnage au quotidien (en même temps, on parle de la femme qui a élevé Fred et George), mais surtout lors de la séquence finale de combat face à Bellatrix Lestrange  : J.K.Rowling nous fait voir ainsi qu’en dehors d’être une mère, Molly est avant tout une femme qui peut rivaliser avec n’importe qui. Et lorsqu’elle arrive face à l’autre dégénérée en lui balançant un «Not my daughter, you bitch  !», on sait que Bellatrix va perdre ses dents et on en jubile d’impatience  !

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Not my daughter, you b****

Des femmes de caractère (comme le St Albray)

Si on observe bien les personnages féminins principaux d’Harry Potter, on y trouve des femmes de caractère, possédant un naturel foudroyant et ne répondant pas forcément aux stéréotypes d’adolescentes ou de femmes de notre époque que l’on retrouve parfois malheureusement partout. Faisant partie de ces femmes plutôt mec manqué que couverture de magazine, je me suis pas mal retrouvée dans quelques-uns des traits des différents personnages. Ce sont de vraies femmes. Avec du caractère, de la force. Elles le manifestent tout au long de l’histoire. Le plus significatif, c’est lorsqu’elles aussi participent au combat final, montrant ainsi que les femmes savent se battre aussi. Ainsi McGonagall, Tonks, Ginny Weasley possèdent une trempe et une répartie qu’on est peu habitués à voir (mais qui semblent se développer de plus en plus, heureusement pour nous).

Luna Lovegood possède cette chance incroyable de ne pas se soucier de ce que pensent les autres d’elle. Elle semble bien heureuse d’être différente, dans son monde, délurée. Encore une adolescente qui s’échappe des codes et assume sa personnalité, s’éloignant grandement des groupies qui courent après Viktor Krum.

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Luna et son chapeau Lion !

Mais cette guerre aux représentations féminines est sans doute le mieux représentée par le personnage d’Hermione Granger, héroïne de la saga. Elle ne répond pas aux critères de beauté des héroïnes en général  : ce n’est pas une bombe fatale, elle a de grandes dents, une tignasse frisée indomptable. Etant un cerveau ambulant, on aurait pu penser que JKR l’aurait affublée de lunettes rondes et de tresses bien longues, et bien non ! Hermione, c’est une vraie fille, un personnage entier. A travers ce personnage, l’auteure raconte vraiment ce passage de la petite fille à la femme, compliquée, incertaine, un moment où l’on demande aux jeunes femmes de répondre à temps aux critères de beauté, d’indépendance, d’idées. Hermione, elle, ne se frotte pas au jeu, elle reste intègre jusqu’au bout, elle ne se fait jamais passer pour plus idiote qu’elle n’est juste pour séduire Ron, elle croit en ses convictions même quand tout le monde est contre elle (notamment lors de la création de la SALE – Société d’Aide à la Libération des Elfes de Maisons). Elle claque, elle envoie du steak, elle a de véritables qualités (et de véritable défauts et c’est ça qui est cool !)

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La cruauté féminine

S’il est vrai que du côté des héros les femmes ont un sacré potentiel question poigne, il en est de même pour les femmes Mangemorts, représentées par l’excentrique et complètement barrée Bellatrix Lestrange. Plusieurs études montrent que les femmes qui souffrent de troubles de la personnalité ou carrément de psychopathie ne le deviennent que par fascination d’un modèle masculin. C’est une particularité souvent représentée dans les univers fictifs comme dans la vraie vie : Harley Quinn tombe folle amoureuse du Joker là où Charles Manson possédait une véritable armée de femmes prêtes à tout. Bellatrix en est une image claire et précise : complètement habitée par son amour pour Voldemort, elle en devient son plus fidèle soldat, le suppliant, le suivant jusqu’à la mort. Elle en devient complètement dérangée, effrayante au plus haut point. Personnage magnifiquement interprété dans les films par Helena Bonham Carter, soit dit en passant.

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Dolores Ombrage est tout aussi cruelle et détestable que Bellatrix. Ce genre de femme perfide et cruelle, se cachant toujours derrière des discours et des phrases toutes faites du style « Je fais ça parce que je suis la sous-secrétaire d’état du Ministre de la Magie. ». Derrière sa douceur et ses pulls en moumoute rose se cache le mal incarné, beaucoup plus détestable que Voldemort lui-même. Là encore, ce personnage féminin n’est pas seulement secondaire, il fait partie des personnages forts, développés et précis.

Merci Joanne

Je ne remercierai jamais assez J.K.Rowling d’avoir écrit ses livres, mais dans le sujet qui nous concerne, je la remercie véritablement d’avoir offert des modèles féminins aussi forts qu’admirables. Etant un membre à part entière des filles-pas-trop-féminines-mais-qui-sont-tout-de-mêmes-des-femmes, elle m’a permis de me rassurer tout le long de mon adolescence, me montrant qu’on pouvait devenir une femme et rester ce que l’on est vraiment, sans devoir obligatoirement répondre aux attentes de l’esprit général des gens. Alors oui, je suis entourée de potes mecs, mes copines m’appellent souvent «  le bonhomme  » et je surprends toujours les autres quand j’arrive en soirée en robe sexy et talons. Mais je suis une vraie femme, sans arrondis ni artifices.

Certains auront évidemment des choses à redire sur l’avis développé tout au long de cet article car nous avons tous des préférences et des idées tracées par nos vécus et nos relations dans les représentations que nous nous faisons des autres. Que certains personnages féminins de l’univers d’Harry Potter soient des clichés totaux à eux-seuls, et bien soit. (Entre nous, déclarons officiellement que Lavande Brown est une psychopathe !). Moi, je reste ébahie des années après par ces femmes fictives, priant parfois pour les inviter à la maison autour d’une bière et d’un guacamole qui ravit tant mes copines quand elles squattent le canapé. Je reviendrais surement par ici vous parler d’Harry Potter, de cet univers et de cette auteure incroyable. Le thème de ce mois-ci est le génie, il aurait été dommage de ne pas citer madame J.K.Rowling. Merci pour tout.

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