Mois de la Photo – les expos incontournables

Vivian Maier, Self-Portrait, 1954

Pour le Mois de la Photo, toute la capitale se met au diapason de ce médium encore jeune (même pas 200 ans, un bébé quoi) et pourtant omniprésent dans nos sociétés de l’image, où chacun dégaine son smartphone à tout bout de champ. Les images échangées par centaines aujourd’hui constituent un flux permanent, qui nous donne la sensation que le temps file et nous échappe. En marge de ce tourbillon de l’image, les photographes posent un regard singulier sur le monde. Opérant un nécessaire ralentissement, ils nous invitent à prendre du recul, nous questionnent, nous émerveillent ou nous révoltent. Manifesto XXI vous invite à découvrir les expositions incontournables consacrées à la photographie, et à réapprendre à regarder le monde avec des yeux de photographe.

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Photoquai – We Are Family
// Quai Branly, jusqu’au 22 novembre

Pour les amateurs de photographie, le thème de cette Biennale Photoquai ne manquera pas de vous évoquer l’emblématique exposition « The Family of Man » organisée par Edward Steichen. L’ambition n’est pas moindre : Photoquai invite des photographes du monde entier autour d’un thème commun. Chacun d’entre eux pose un regard singulier sur notre humanité. We Are Family ne parle pas de la famille génétique mais plutôt de l’idée de « faire famille », de se regrouper autour d’une aspiration, d’une idée, d’un mode de vie, d’une croyance, … Des images à la fois belles et simples, qui parlent et invitent à une réflexion sur le monde.

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Dina Oganova, Série «I Am Georgia», projet consacré à son pays natal débuté en 2007. Crédits photo : Dina OGANOVA (DIKARKA) musée du quai Branly - Photoquai 2015.
Dina Oganova, Série «I Am Georgia», projet consacré à son pays natal débuté en 2007. Crédits photo : Dina OGANOVA (DIKARKA) musée du quai Branly – Photoquai 2015.

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Beauté Congo
// Fondation Cartier pour l’art contemporain, jusqu’au 10 janvier

Dans l’incroyable exposition Beauté Congo, conçue par André Magnin, un espace est dédié aux photographes congolais des années 50/80. Oubliés pendant des années par un marché de l’art peu enclin à élargir ses horizons, les photographes africains accèdent aujourd’hui à une reconnaissance tardive. Les photographies de Jean Depara, d’Ambroise Ngaimoko ou encore Oscar Memba Freitas dressent un portrait incroyable de Kinshasa, des studios photos où l’on vient prendre la pose sapé comme un prince aux sorties des boîtes de nuits de la capitale congolaise …

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Jean Depara, Sans titre, c. 1955-1965 Collection Revue Noire, Paris © Jean Depara
Jean Depara, Sans titre, c. 1955-1965
Collection Revue Noire, Paris © Jean Depara

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Après Eden – La Collection Walther
// La maison rouge, jusqu’au 17 janvier

Exercice périlleux que celui d’exposer une collection. Une collection, c’est presque de l’ordre de l’intime. Et pourtant, bien des collectionneurs sont animés par la volonté de partager leur collection, de la présenter à un public et de partager ainsi leur amour pour les artistes qu’ils soutiennent. Artur Walther se passionne depuis près de 20 ans pour la photographie, et sa collection est impressionnante. D’abord, les Becher et leur incroyable typologie de l’architecture industrielle allemande. Peu à peu, il élargit ses horizons, August Sander et Karl Blossfeldt, la photographie chinoise et africaine… Tout ça orchestré par Simon Njami, ancien directeur artistique des Rencontres photographiques de Bamako.

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Bernd et Hilla Becher, Tours d'extraction, 1970-1988 Collections du CAPC - Musée d'art contemporain, Bordeaux
Bernd et Hilla Becher, Tours d’extraction, 1970-1988
Collections du CAPC – Musée d’art contemporain, Bordeaux

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DUST – Histoires de poussière, d’après Man Ray et Marcel Duchamp
// Le BAL, jusqu’au 17 janvier

Tout part d’une œuvre mystérieuse, particulièrement marquante pour l’histoire de l’art moderne et contemporain. Une photographie, deux images en une, deux artistes dont l’évocation seule est pleine de promesses. Promesses tenues dans cette exposition qui explore le statut incertain de la photographie et sa relation complexe avec la réalité à travers près de 150 œuvres d’artistes majeurs : Man Ray, Georges Bataille, Walker Evans, Aaron Siskind, Gerhard Richter, Jeff Wall …

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Élevage de poussière, Man Ray et Marcel Duchamp, 1920, Courtesy Galerie Françoise Paviot © ADAGP, Paris, 2015
Élevage de poussière, Man Ray et Marcel Duchamp, 1920, Courtesy Galerie Françoise Paviot © ADAGP, Paris, 2015

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Qui a peur des femmes photographes ? 1839-1945
// 1ère partie : 1839-1919 – Musée de l’Orangerie, jusqu’au 24 janvier
// 2ème partie : 1918-1945 – Musée d’Orsay, jusqu’au 24 janvier

En marge d’un monde artistique où elles peinaient à faire admettre leur place, beaucoup de femmes se sont très tôt intéressées à la photographie, elle aussi marginalisée de cet univers des beaux-arts. Le Musée d’Orsay et celui de l’Orangerie offrent ainsi une complète relecture de l’histoire de la photographie et rendent aux femmes photographes la place importante qu’elle y ont tenue – et qui a été bien longtemps occultée.

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Imogen Cunningham, Martha Graham, Dancer, 1931, © The Imogen Cunningham Trust, 2011
Imogen Cunningham, Martha Graham, Dancer, 1931, © The Imogen Cunningham Trust, 2011

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Philippe Halsman, étonnez-moi !
// Jeu de Paume, jusqu’au 24 janvier

On la connaît tous cette photo, Brigitte Bardot sous le soleil de la Côte d’Azur qui saute les bras ouverts… Elle est signée Philippe Halsman, à qui le Jeu de Paume consacre une exposition qui présente plus de 300 photographies. Portraitiste de génie, il a longtemps travaillé pour LIFE et est l’auteur d’images iconiques de nombreuses célébrités. Il partage avec Salvador Dali un sens de l’humour incroyable et une ironie cinglante – qui transparaissent dans toutes ses mises en scène.

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Brigitte Bardot – © Philippe Halsman
Brigitte Bardot – © Philippe Halsman

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Lucien Clergue, les premiers albums
// Grand Palais, jusqu’au 15 février

Il fallait au moins le Grand Palais pour rendre hommage à Lucien Clergue, fondateur des Rencontres de la Photographie d’Arles, décédé l’année dernière. Ce sont souvent ses nus féminins que l’on a retenus, propulsés au rang d’icônes de la révolution sexuelle des années 60/70. Et pourtant, celui dont le talent a très tôt séduit Picasso et Cocteau, a abordé bien d’autres sujets – charognes, ruines, enfants déguisés en saltimbanques, gitans – avec une poésie sombre et radicale.

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Lucien Clergue, Picasso, président de la corrida, Fréjus, 1962 © Atelier Lucien Clergue © Succession Picasso 2015
Lucien Clergue, Picasso, président de la corrida, Fréjus, 1962 © Atelier Lucien Clergue © Succession Picasso 2015
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