LA FEMME, de Dragon Ball aux ex. Interview.

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Sacha Got, Marlon Magnée, Sam Lefèvre, Noé Delmas, Clémence Quélennec, Lucas Nunez Ritter

Apparemment, la rentrée 2016 annonce l’année de la présidentielle… et de La Femme. Alors pour être au pas, on ne pouvait pas les rater. On a posé quelques questions au charmant Marlon, clavieriste et chanteur. Où va le monde pour La Femme ? En 2017. Au calme.

PS : Si vous écoutez l’album pendant que vous lisez, ça prend une toute autre dimension. Vous pouvez même relire l’interview en boucle jusqu’à ce que l’album soit terminé afin d’obtenir un effet super psyché.

« Mystère », associé au nom « La Femme », renvoie aux innombrables mystères de la féminité. Peux-tu me parler des femmes ? De ce qui te fascine chez elles ?

Les femmes c’est beaucoup de mystère. Le plus fascinant, c’est que les femmes ne savent pas elles-mêmes qui elles sont. Elles se posent sans cesse des questions… qui renvoient à l’histoire de la femme en fait.

Ta femme idéale ? Une femme-idole que tu as eue ?

Il n’y a pas de femme idéale je crois. Même avec la femme qui est exactement comme on l’a toujours imaginée, même avec la femme dont on a toujours rêvée, celle qui remplit toutes les cases, on peut ne pas être heureux. On peut continuer à chercher quelque chose car dans l’homme (j’entends ici hommes et femmes) il y a une part de souffrance qui fait que quand c’est trop parfait ça ne marche pas. Des fois ça peut marcher, bien sûr, mais voilà.

Peux-tu me parler du rôle des ex-copines/copains dans l’écriture de cet album ? Qu’est-ce qu’une ex-femme ?

Eh bien, une ex… tout le monde sait ce que c’est. Je trouve que c’est important et c’est une grande source d’inspiration. C’est même ce qui fait que l’album a été composé. Mêmes si les ex ont fait du mal, elles jouent un rôle clé et aujourd’hui on les remercie et on les embrasse fort.

Cet album paraît moins psyché que le précédent et a plus une allure cinématographique on dirait. Quelles en ont été les inspirations ?

Pour ma part, je trouve cet album beaucoup plus psyché. Il est autant cinématographique que psyché, en tout cas je pense qu’il est plus intense. Dans le premier, on est restés dans un délire cold wave, électro… Là on est allés plus loin, dans des styles musicaux orientaux par exemple. On a explosé les formats et composé des trucs ultra psyché comme « Vagues »un titre de treize minutes avec un solo de quatre minutes. On a atteint, je trouve, l’apogée du psyché alors que dans le précédent on était en mode cold wave des temps modernes. Mystère est beaucoup plus lent, on peut l’écouter même allongé, c’est plus imaginatif. C’est ça pour moi être psyché, quand tu trip. Il est moins agressif.

Quels lieux ont inspiré l’album ? 

Les lieux ce sont Paris, Los Angeles, la campagne, la Bretagne, le désert… Même des lieux où on n’est jamais allés, comme le Sahara. On n’y a jamais été mais cela nous évoque des choses et nous inspire.

Comme dans le précédent album, La Femme ce sont plusieurs voix différentes, changeantes. On a dans Mystère des chorales, des voix un peu messianiques dans « Sphynx », une voix d’ado dans « Septembre »… Peux-tu me parler de ces voix ?

On prend différentes chanteuses, on répète et on lui fait essayer quatre ou cinq chansons. On voit quand sa voix colle ou quand ça ne va pas… et puis quand ça colle on enregistre avec elle.

Tu peux nous parler du visuel de Tanino Liberatore ?

On est des grands fans de Tanino Liberatore. Il a fait RanXerox, qui est une super BD que je recommande à tous ceux qui lisent cet article. Moi j’avais ses BD chez moi parce que mon père était fan. J’ai été très inspiré. J’aime comme il dessine les femmes. On est allés le voir et on lui a dit qu’on voulait une image avec les mains dans cette position. Il a eu l’idée de dessiner cette femme de dos, mystérieuse, on a adoré et on en a fait notre pochette.

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Pochette de Mystère

Est-ce que vous êtes proches du cinéma ? Vous vous voyez faire des films ?

Oui. On a commencé à faire nos clips nous-mêmes au début du groupe, vraiment par hasard. On y a pris goût, on adore ça. On adore aussi faire la musique pour le cinéma, pour les films. Donc plus tard, quand on aura plus d’expérience et qu’on aura un peu grandi, on commencera à écrire pour réaliser un film.

Les Inrocks vous ont définis comme « l’avenir du rock » et vous associent à la « scène émergente » française. Peux-tu me donner ta vision de cette scène émergente ? Vous en sentez-vous proches ?

Oui certes, il y a un lien avec cette scène-là, mais on est quand même différents de ces groupes. Il y a des groupes qui nous ressemblent encore plus mais qui vont émerger plus tard je pense. Le projet a découlé d’un truc, bien sûr, mais on n’a pas encore assez de recul pour juger de tout cela. C’est vrai que c’est un peu la course à qui parlera le premier dans cette scène émergente… Mais après nous, on est des solitaires, on trace notre route de notre côté, et ce n’est pas notre but d’être forcément dans cette vague.

Au lieu de te demander quelles sont vos inspirations musicales, je voudrais savoir plutôt quels artistes émergents justement tu aimes particulièrement et que tu voudrais recommander ?

On aime bien Jacques. Mais après c’est un tout autre délire. On aime bien Fishbach aussi, il y a Mustang, mais ils ont commencé même avant La Femme donc ça ne compte pas vraiment. En tout cas, on recommande. Après il y a Juniore aussi. Certains groupes qui n’ont pas encore été mis en avant par les médias comme La Tendre Émeute, La Mouche, qui remet le ska au goût du jour.

Comme dans le premier album, il y a beaucoup d’humour dans Mystère. Êtes-vous second degré ? 

Oui, on adore le second degré. On a souvent été influencés par les vidéos des Nuls et des Inconnus. Nous-mêmes on fait des blagues, on est des blagues sur pattes. On joue beaucoup avec ça quoi.

Il nous est arrivé d’assister à une conférence de presse de vous où un journaliste vous a demandé pourquoi vous étiez si snobs, un truc du style. Au-delà du fait que la question n’était pas subtile, pourquoi à ton avis il vous a qualifiés de gens hautains ?

Parce que justement des fois avec nos blagues trop second degré il y en a qui ne comprennent pas. On peut paraître des petits cons. Comme Sacha l’a déjà dit, « Vaut mieux être des petits cons que des gros cons ». Après ça dépend avec qui, mais on aime bien être snob avec des snobs. Mais tu vois, on peut très bien tripper et jouer de la musique dans la rue avec un mec qu’on va croiser et il n’y aura aucun problème. On garde notre côté simple. Par exemple on aimerait faire Paris-Biarritz à pied… Voilà.

Vous avez sorti votre deuxième album après un premier succès triomphal. Vous n’avez pas peur que les gens se disent « le premier était mieux », « c’est difficile de sortir un deuxième album après un si bon premier », etc. ?

Franchement, pour le moment c’est rare qu’on nous fasse cette remarque. Soit ils nous disent qu’il est aussi bien que le premier mais différent, soit qu’il est mieux. Donc c’est plutôt cool.

Je ne vais pas te demander un mot de la fin. Je vais te demander plutôt « où va le monde ? », pour mettre un peu de philo…

Ma première réponse sera une réponse de petit con avec beaucoup de second degré. Il va en 2017. Il tourne autour du Soleil quoi.

Dans le morceau, on s’en prenait plus au comportement des humains entre eux qu’à la société telle qu’elle est. La société a toujours eu des problèmes, de l’esclavage à la colonisation en passant par le pétrole. Là malheureusement il y a les OGM qui débarquent en France, la malbouffe qui commence à s’étendre, l’Europe qui interdit de faire son potager et de choisir ses propres graines… Côté éducation et école aussi il y a des trucs à revoir. Mais chaque année il y a des problèmes et il faut les affronter. C’est comme les épisodes de Dragon Ball Z. Tu sais, à chaque fois ils butaient un méchant et il y en avait un nouveau qui arrivait. La paix ne restait pas plus de deux jours. C’est un modèle qui s’adapte à la vie.


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