Fête des Lumières 2016 : quatre artistes à suivre

fete des lumières
© Urbanscreen

Après l’annulation de l’an dernier, la Fête des Lumières est finalement revenue en 2016 dans une forme amoindrie. Même si beaucoup ont critiqué la qualité artistique inégale des installations proposées, des pépites se sont tout de même offertes à ceux prêts à braver la foule ou à prendre le tramway jusqu’à Confluences. Qui sont les artistes à suivre pour cette édition 2016 ?

Pierre Ranzini :

Placée dans les bassins de la place Bellecour, son installation Off Lines n’a pas été très plébiscitée par le public, malheureusement aimanté par le spectacle plus familial de la grande roue. Pourtant, son côté minimal, le soin apporté à l’ambiance musicale et le choix des couleurs font de cette installation la plus intéressante de toute la place.

Pierre Ranzini est un artiste parisien aux multiples casquettes (photographe, peintre, musicien, performer). Il officie à la Fête des Lumières en tant que light artist et installateur depuis 2013. Son œuvre cherche à comprendre comment notre œil s’approprie la réalité de l’espace et de la lumière, mais aussi le lien artistique et culturel entre l’Asie et l’Occident.

Yann Nguema :

Les projections son et lumière sur des cathédrales sont devenues des incontournables touristiques dans les villes françaises : Yann Nguema avait donc le difficile défi de renouveler le genre. Pari réussi : le mapping de Yann Nguema restera sans doute le point fort de cette édition. L’anachronisme entre les pixels, les lasers et l’architecture de la cathédrale, donne une allure singulière, mais pourtant harmonieuse et très impressionnante à l’ensemble, entre science-fiction et Moyen Âge.

Yann Nguema fait partie du collectif EZ3kiel, un groupe de musique originaire de Tours. Formé en 1993, les membres cherchent à développer une identité graphique propre ajoutée à leur musique. Bassiste à l’origine, Yann Nguema finit par prendre complètement en charge la production visuelle du groupe après avoir créé un DVD-ROM scientifico-artistique autour de l’album Naphtaline, en collaboration avec des laboratoires. Son travail mêlant « inhabituel, étrange et anachronisme » a été repéré par de fins connaisseurs comme les Champs Libres ou les Trans Musicales.

© Yann Nguema

Christopher Bauder :

Deep Web est l’une des seules installations à se dérouler en intérieur : il fallait au moins l’énorme espace de l’Hôtel de Région, pour cette expérience sensorielle totale. Le public allongé par terre est plongé dans une sorte de ballet lumineux constitué de rayons lasers rebondissant sur des balles, sur une musique de Robert Henke. Tous les spectateurs sont immergés ensemble dans cette ambiance quasi mystique, mais aussi tellement ludique que l’on a forcément envie de recommencer une fois la séance finie. Comme un enfant qui ne veut pas descendre du manège.

Christopher Bauder est un designer basé à Berlin, où il dirige le studio White Void. Diplômé de la Berlin University of the Arts en 2003, il s’est d’emblée spécialisé dans les installations interactives et l’art digital. Déjà présent à la Fête des Lumières en 2013, il a aussi présenté des œuvres au Centre Pompidou, au MUTEK Festival et dans bien d’autres endroits. Il est l’inventeur du système kinétique, vu – entre autres – dans Deep Web, où la lumière se réverbère dans des éléments en suspension.

Urbanscreen :

Autant admiré que controversé, le musée des Confluences se devait de ne pas décevoir pour sa seconde mise en lumière depuis l’inauguration de 2014. La projection utilise l’architecture tarabiscotée du musée pour mieux le transformer en une sorte d’organisme vivant, respirant grâce à des branchies ancrées dans sa façade. Les séquences animées rappellent la vocation du lieu, espace de sciences, de découvertes, mais aussi d’émerveillement.

Urbanscreen est un collectif basé en Allemagne qui conçoit des projections architecturales, des sculptures augmentées, mais aussi des scénographies et des installations ! Le groupe, qui mêle à la fois des architectes, des geeks, des artistes et des universitaires, n’a pas chômé depuis sa création en 2005 : on les a vus se produire à l’opéra de Sydney, à la Mostra de São Paulo et au Festival de Busan. Fasciné par les nouvelles possibilités offertes par la technologie, le collectif tente de brouiller les frontières entre art, recherche et innovation en imposant ses créations digitales dans l’espace public.

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