Festival de la Zouz, mode d’emploi. Rencontre

Manifesto XXI - Festival de la Zouz
© Agathe Milliand

Plus d’infos et programmation ici

De tendance plutôt (totalement) féminine, Manifesto XXI a toujours séduit plus de filles que de garçons, pour plusieurs raisons qui nous échappent et dont on se fout un peu. Souvent définies comme « castratrices », « lesbiennes névrosées », « hystériques » ou simplement femmes, nous vivons désormais en autarcie, en communion avec les quatre seuls hommes assez couillus pour nous suivre. Une bonne vingtaine de meufs aux caractères difficiles à canaliser ne pouvaient pas passer à côté du prometteur Festival de la Zouz.

Nous sommes parties à la rencontres de ses organisatrices et nous avons hâte de découvrir ce que ce nom très parlant nous cache.

Le festival est porté par le collectif La ZouZance, qui se donne pour objectif de créer des espaces créatifs de visibilité uniquement au féminin. Nous avons rencontré Agathe et Julie, organisatrices, pour discuter de tout cela.

Manifesto XXI – Qui êtes-vous ? Comment l’idée du festival est-elle née ?

Julie : Je suis une undercover prof multi-casquettes sur mon temps libre. L’idée du Festival de la Zouz est née d’une rencontre, d’abord avec Audrey, la programmatrice de à la folie, un lieu que j’adore, puis avec les filles du Mermaid Express, une friperie itinérante très très cool. On a eu envie de créer un événement très girl power et paillettes, et on s’est lancées avec le soutien de l’équipe de à la folie. C’est comme ça qu’est né le Festival de la Zouz, en novembre dernier. Ça devait être un one shot, mais on a tellement kiffé qu’on est reparties sur une deuxième édition, qui aura lieu le 6 avril.

Agathe : Contrairement à Julie, je n’ai pas encore un vrai métier d’adulte, mais on dit qu’on s’en fout, okay ? Je me suis associée à Julie pour la première édition du Festival de la Zouz, seulement pour aider un peu sur la com au début, et puis je me suis totalement engagée dans le truc parce que c’était vraiment stylé.

Manifesto XXI - Festival de la Zouz - Anna Wanda Gogusey pour Retard Magazine
Anna Wanda Gogusey pour Retard Magazine

Pourquoi est-il important pour vous d’organiser un festival centré sur la femme ?

Julie : Pour ma part, je pense qu’il est essentiel de créer des espaces pour être visibles en tant que femmes artistes, créatrices, artisanes, etc. Mais je ne dirais pas « centré sur la femme », plutôt sur les femmes, au pluriel, parce que les zouz qu’on invite sont toutes très différentes !

Agathe : Elle parle bien, hein ? J’ajouterai que les femmes sont une source intarissable de créations, qui sont souvent moins mises en avant que celles des hommes. Leur offrir un espace d’expression, où n’importe quelle meuf peut venir exposer ce qu’elle fait, oui, c’est important.

Manifesto XXI - Festival de la Zouz - Roca Balboa pour Retard Magazine
Roca Balboa pour Retard Magazine

Les définitions du féminisme sont plurielles et complexes. Vous définissez-vous comme féministes ? Et si oui, que souhaitez-vous apporter au débat ?

Julie : Oui ! Bien sûr que moi, personnellement, je me définis comme féministe. Ça ne veut pas dire que je ne travaille qu’avec des meufs qui se définissent comme ça pour autant. Le plus important pour moi dans les féminismes, quelle que soit la définition qu’on donne au mot, c’est de permettre aux femmes d’être libres, d’être ce qu’elles veulent. Créer des espaces où ça puisse être le cas pour toutes les zouz, c’est un peu ça, ce que je veux apporter.

Agathe : Oui, tout pareil. Je suis carrément féministe. Je ne me sens pas encore légitime pour prendre la parole place de la République en exposant mes idées, mais donner la possibilité à des meufs de s’exprimer, ça m’intéresse plus.

Qu’est-ce que l’art permet d’apporter en plus au combat politique ?

Julie : Justement ! Quelque chose de plus libre ? De moins ancré dans des éléments de langage, des conventions…

Agathe : Je dirais que ça facilite l’expression. L’art apporte une touche de paillettes au combat politique. C’est toujours agréable de regarder des trucs quand ils sont BEAUX. On montre quelque chose qui attire l’œil, et BAM, derrière on planque un message politique. Malin, hein ?

Manifesto XXI - Festival de la Zouz - Les broderies au point de croix de Cross Bitch
Les broderies au point de croix de Cross Bitch

Le magazine Retard suit une démarche proche de celle des filles de la ZouZance et a été invité à apporter sa touche aux festivités. Pour nous, cela a été l’occasion d’enfin comprendre qui se cache derrière ce blaze évocateur.

Qui est derrière le magazine et quels sont ses objectifs ?

Marine : Nous sommes un collectif monté par quelques copines en 2011. Certaines d’entre nous partaient à l’étranger, et nous voulions garder un lien : quoi de mieux qu’Internet ? Nous avions des passions différentes (l’écriture, le journalisme, le dessin, l’événementiel) et nous avons décidé de tout combiner sur une plateforme un peu bordélique mais sincère. Pour les objectifs, je pense qu’on a toujours beaucoup aimé mettre en valeur les gens talentueux autour de nous, les histoires merveilleuses et les fêtes yolo (j’adore ce mot, je suis désolée, je vais le mettre plusieurs fois). Du coup, on fait ça sur notre temps libre, en essayant de continuer à s’aimer fort.

Comment choisissez-vous les artistes dans votre magazine et pour le festival en particulier ?

Notre webzine ne nous permettant pas de nous payer (ou de payer les autres), on répond aux offres d’articles ou d’illustrations que l’on trouve dans nos boîtes mails, et on a plutôt de la chatte, ce sont toujours des gens très très doués.

C’est comme ça qu’on a instauré de super relations avec des filles et des garçons qui écrivent ou dessinent pour nous régulièrement. On ne peut pas forcer les gens à participer, du coup, tout le monde fait comme il veut et surtout comme il peut, et ça donne toujours un résultat super.

Pour l’exposition que l’on propose au Festival de la Zouz, on compte sur notre noyau dur, notre directrice artistique senior Anna Wanda Gogusey et notre DA junior Roca Balboa, qui forment à elles deux une bonne équipe, genre une fusion des Power Rangers noir et rouge pour remplir des murs et des corps – vu qu’elles sont tatoueuses – entiers.

Manifesto XXI - Festival de la Zouz - Anna Wanda Gogusey pour Retard Magazine
Anna Wanda Gogusey pour Retard Magazine

Pourquoi était-il important de se joindre à ce festival ?

Comme Agathe et Julie l’ont dit précédemment, elles ont déjà collaboré avec Retard. Il y a donc forcément un lien qui se crée et qui donne envie de nourrir les projets des autres, de participer d’une façon ou d’une autre à ce que mettent en place les gens qui nous aident aussi au quotidien. C’est toujours cool d’encourager les bonnes initiatives, de filer de son temps, de son énergie, et puis de s’éclater ensemble surtout. Créer un cercle vertueux où on s’épaule toutes sous une grosse boule à facettes en yolo (il fallait que ce soit mon mot de la fin).


6 AVRIL 

À LA FOLIE

26, AVENUE CORENTIN CARIOU 

19h-1h

Plus d’infos et programmation complète

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