Du plaisir chimique pour nos cerveaux trop ternes

La France a perdu son titre de championne du monde de la consommation d’antidépresseurs depuis quelques années déjà mais avec une consommation de 50 doses quotidiennes pour 1000 personnes, nous restons tout de même accros à nos petites pilules du bonheur.
Au delà du traitement de véritables maladies mentales, les médicaments, stimulants et autres cachets deviennent même de plus de plus des doudous ou des béquilles prêts à pallier à tous nos problèmes. L’homéopathie prétend nous soulager du stress, de la peur et de l’angoisse avec des granulés et les étudiants américains se shootent à la Ritaline pour être plus concentrés pendant les examens.

Dana Wyse est comme nous tous : elle rencontre plein de galères au quotidien et voudrait aussi avoir la solution-clé en main pour les résoudre. Mais Dana Wyse est artiste et pas employée d’une entreprise de pharmacie.
Les petites pilules qu’elle fabrique pour trouver des réponses à ses problèmes ne sont donc d’aucune efficacité médicale mais font sourire avec leurs textes absurdes et leurs designs de pub des années 60.

Source : http://danawyse.aeroplastics.net/
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Source : http://danawyse.aeroplastics.net/
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L’histoire de ces petites pilules commence en 1996 à Vancouver et continue maintenant à Paris sous le titre « Jesus Had a Sister Production ». Le slogan de cette vraie-fausse entreprise ? : « Helping you to create your own reality since 1789! »
L’humour de Dana Wyse a toujours une pointe d’acidité et tourne subtilement en dérision l’univers de la consommation. Elle explique par exemple prendre toujours des pubs des années 60 pour illustrer ses emballages car les mannequins ont toujours l’air de vivre « une expérience religieuse privée ou un orgasme ». Wyse se moque du marketing qui promeut un bonheur garanti par la consommation et pousse à se conforter à un modèle de vie unique et stéréotypé.

Source: http://danawyse.aeroplastics.net/
Source: http://danawyse.aeroplastics.net/
Source: http://danawyse.aeroplastics.net/
Source: http://danawyse.aeroplastics.net/

Toutes ces pilules fantaisistes nous rappellent que les médicaments, palliatifs, voire même tous les produits proposés par la publicité ne sont jamais plus que ce qu’ils sont : de purs objets sur lesquels on va plaquer des croyances et des pensées magiques comme quoi ils nous garantiraient le bonheur. Cet effet est renforcé par le fait que les petites pilules de Wyse sont trouvables presque aussi facilement que n’importe quel produit de consommation courant : un sachet ne coûte que 10 euros et on peut les acheter sur Internet ou dans les boutiques de musées.

D’après Dana Wyse, l’efficacité de ces pilules ne serait pas que virtuelle, pour ceux qui iraient jusqu’à les avaler. Ces petits cachets auraient-ils un effet placebo ? Certains ont l’air d’y croire.
Mais que ces vrai-faux médocs soient ou non curatifs, ils ont au moins une vertu : nous faire rire de nos névroses et de nos travers d’occidentaux. Et réussir à rire avec ce qui nous angoisse, n’est-ce pas déjà un premier pas vers la guérison ?

Salvade Castera

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