« Definitely. New York »

Alexander Wang

Alexander Wang incarne un vestiaire sobre, revendiquant des influences urbaines. Depuis toujours, le créateur américain entend concilier le sportswear et le chic.

Malgré une jeunesse passée à San Francisco, Alexander Wang est déterminé à marcher sur les traces des grands créateurs dont il a découvert l’histoire – en même temps que sa vocation pour la mode – dans les magazines. Une seule ville est à la hauteur de ses ambitions. Talentueux, il délaisse au bout de deux ans à peine ses prestigieuses études à la Parsons School of New York pour devenir le bras droit de Marc Jacobs. Directeur de la création de sa propre marque il prend, à 29 ans, la succession de Nicolas Ghesquière chez Balenciaga.

Partagé entre deux maisons mais aussi entre deux villes, il passe la majeure partie de son temps à New York. Ses amis s’appellent Diane Von Furstenberg, Tom Ford, Marc Jacobs…sans oublier Anna Wintour.

En voyage d’affaires à Paris, le jeune homme adepte de la nightlife new yorkaise s’efface au profit d’un directeur artistique au calendrier chargé, enchainant les rendez-vous tout au long de la journée avant de se retirer dans un hôtel du XVIe arrondissement. On dit d’ailleurs qu’il ne passe qu’une semaine par mois dans la capitale française.

L’inspiration il la trouve à New York, au détour d’une rue mais aussi sur la scène musicale.

I’m really the kind of designer that would say : i’m going on the street and this is going to be what i’m going to dedicate next season to and…go from there. 

Ses créations doivent être confortables et par dessus tout, fonctionnelles ; permettre à ceux et celles qui les portent d’affronter la jungle urbaine. Ses défilés sont un hommage récurrent à l’art d’apprivoiser la ville et ses espaces. L’ouverture du show présentant la collection capsule réalisée en collaboration avec H&M, offrait ainsi à voir une démonstration de parkour, discipline consistant à franchir des obstacles dans un cadre urbain, sur les toits notamment. Le créateur parvient à capter l’énergie que dégage la ville et l’intègre à son vestiaire.

Fashion sould be fun, you should be able to run with it and make it your own 

A l’inverse de certains autres grands créateurs, il apprécie davantage de retrouver ses pièces portées dans la rue plutôt que lors des événements mondains. Il en ressort une ligne plus accessible – T by Alexander Wang – composée en grande majorité de basiques faisant écho à la tendance nude omniprésente depuis le maquillage des modèles jusqu’au style qu’arbore le créateur lors de ses apparitions.

Alexander Wang entretient aussi une relation privilégiée avec New York, sa vision at large de la ville donne lieu à de nombreuses excentricités. Ainsi, alors que les défilés ont traditionnellement lieu à Manhattan, Wang n’hésite pas à présenter sa collection Automne-Hiver 2014 dans une serre à Brooklyn. Le catwalk est aménagé en écrin urbain, sublimant l’aspect underground de ses collections.

Les mannequins évoluent entre des conduits de climatisation semblables à ceux que l’on trouve sur les toits des buildings. Aux traditionnels tailleurs revisités on ajoute des bottes au design futuriste. Peu à peu les couleurs et les formes se font plus audacieuses, la maille – ici un clin d’œil aux débuts d’Alexander Wang, sa première collection n’était composée, en tout et pour tout, que de quatre sweatshirts en maille – fait son grand retour. Des sacs, semblables aux cartouchières militaires obéissent, comme tout le reste, au souci du détail minutieux. Le sac de la wangette – comprenez, l’adepte d’Alexander Wang – intègrera donc une poche exclusive prévue pour un briquet.

Les tenues au tombé rigoureux sont taillées dans des matières techniques, encore une fois dérivées du sportswear. Futuristes, les créations évoluent au rythme de la ville, certaines étoffes changent de couleur en fonction de la température ambiante ; le sac à main, blanc de jour, se révèle fluorescent une fois la nuit tombée.

Le défilé printemps été 2015 présentant les dernières créations du jeune prodige pour Balenciaga offre à voir un catwalk en verre en dessous duquel se forment des volutes de fumée. La silhouette hérite de la traine de Christobal Balenciaga, alors que les lunettes résultent d’une inspiration beaucoup plus contemporaine. De son propre aveu Alexander Wang s’est trouvé très marqué par la découverte du tour de France. La forme de ses lunettes s’inspire de l’univers du cyclisme, apposant ainsi la signature sportswear peu répandue dans cette maison. Le défilé a lieu sous un chapiteau devant le grand palais, pourtant ce soir-là le public se sent comme en haut d’un gratte-ciel. Les modèles défilent avec grâce au-dessus d’un nuage artificiel. Ce 25 septembre 2014, il flotte comme un air de New York dans le VIIIe arrondissement.

 

Antoine BRETECHER

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