Défilé Atelier Chardon Savard / Nantes 2016

Défilé Chardon Savard Nantes 2015
Défilé Atelier Chardon Savard - Nantes 2016 (Crédits : Zoé Cavaro)

L’Atelier Chardon Savard est une école de stylisme, à Nantes et Paris, reconnue pour être aux antipodes d’un système académique. Elle stimule ses étudiants à développer créativité et intuition dans un univers rassurant et convivial, auprès d’une équipe pédagogique présente et bienveillante. L’Atelier Chardon Savard de Nantes organise chaque année un défilé à l’ENSA. Découvrez les tenues du dernier défilé d’avril 2016, imaginées et crées par les étudiants qui nous livrent leurs inspirations.

Eva Gendrot, étudiante en 3ème année présente la collection EROSEXUM – « L’heure est venue de dire des choses crues »

L’inspiration autour de cette collection a débuté à partir d’un exercice du cours de modélisme : l’incrustation. Ophelie Fays a réalisé un manteau en incrustant une scène sexuelle. Lors de la réalisation des groupes de défilé, son idée a tellement plu que l’on s’est inspirées de cette création comme point de départ de moodboard. Puis des références artistiques, notamment de tableaux de scènes sexuelles osées aux couleurs primaires, chatoyantes et très contemporaines, sont devenues notre référence. En passant du vestiaire pyjama au sportswear, nous nous sommes finalement basées sur le vestiaire de la Grèce Antique, mixé avec le vestiaire citadin mêlant des pièces confortables telles que le sweat, la doudoune ou le t-shirt, à des pièces plus sophistiquées comme le pantalon cigarette ou la chemise.

L’idée de départ était d’intégrer du drapé dans les vêtements, mais le thème orgiaque, bien ancré dans les mémoires, a été le plus fort et a dominé la collection. En imprimé, en incrustation ou en broderie, la « kékette » est de mise. Choquer ? Oui c’est l’idée. Mais pas l’idée de base. Au départ l’imprimé se voulait discret, presque imperceptible au premier regard, mais au final le « Et si ? » a pris le dessus et la collection s’est voulue plus débridée que jamais. « L’heure est venue de dire des choses crues » c’est le titre d’un article qui nous a poussées à oser. On s’est dit « C’est la dernière année, on veut se marrer, on veut marquer les esprits ! ». On a « eu des couilles » (c’est le cas de le dire) dans la réalisation de certaines pièces, certes, mais tout s’est bien déroulé, le mot d’ordre était le FUN ! Je terminerai par dire, faites l’amour pas la guerre, car après tout c’est bien le message que l’on voulait faire passer. Les matières utilisées ont été la popeline de coton, la soie, la flanelle, la gabardine de coton, le drap de laine. Les points forts de la collection étaient plus particulièrement les broderies, les incrustations et le print. Le print est d’ailleurs fait main, au travers de deux procédés différents : le papier transfert et l’impression textile.

Étudiants : Eva Gendrot, Ophélie Fays, Aurélie Fily, Méline Loison, Mégane Mouchanat

Elisa Schmitt, étudiante en 3ème année évoque la collection SYRILLE – ‘‘Broder des liens sur des histoires plurielles’’

Mélangeant les codes syriens et ceux de la lingerie française du XIXème siècle, la collection s’attache à créer un lien tangible entre deux cultures qui, dans le contexte actuel, semblent s’opposer en tout point. Sur la base de cet engagement, nous avons voulu au travers des codes hybridés, du travail d’ennoblissement textile, d’une cabine pluriethnique, traduire une certaine forme d’universalité, unir les cultures et les cœurs. Ainsi, notre logo est une ode à la fusion des peuples et des pensées, mélangeant subtilement une femme voilée à la Marianne. Les matières, nobles, entre tissus ethniques et tissages plus citadins, font le pont entre les siècles et les inspirations. Nous avons voulu cette collection plus moderne, et sur les bases du vêtement traditionnel, venir juxtaposer des codes appartenant à notre quotidien, comme le pantalon de costume, ou encore la veste tailleur.

L’homme Syrille, se revendique à travers une nouvelle version de la virilité, très actuelle et subtile. Un soupçon de machisme, une pincée de féminité, une bonne dose de chromosomes XY qui lui assure un charisme ravageur. Intrépide, il est à l’image même de l’aventurier moderne.

Étudiants : Elisa Schmitt, Clément Rethoré, Célia Richard, Manon Tomasi, Etienne Hublot, Anaïs Landet

Anselme Laurent, étudiant en 2ème année, présente la collection NAPHTALINE – « Un homme a forcément des états dames »

Personnage endormi revenant du passé, l’homme Naphtaline a un regard moderne sur la féminité. Reprenant des éléments du costume masculin comme la flanelle, les rayures tennis, les fixes chaussettes, il porte néanmoins des vêtements froncés, qui évoquent inévitablement la femme. Les matières sont fluides et légères, les couleurs douces et poétiques puis vives et pétillantes. Brodées de perles et de sequins, les pièces apparaissent nobles et raffinées.

La féminité est une nouvelle fois accentuée par des artifices aux connotations féminines, comme les faux cils ou l’imposante perle nacrée en boucle d’oreille, qui donne un côté précieux et élégant.

L’homme Naphtaline est inévitablement un dandy moderne, avec sa touche d’originalité puisque son costume semble à l’envers avec ses parementures apparentes. Sa sensibilité et sa féminité assumée le rendent désirable et sensuel.

Étudiants : Anselme Laurent, Marine Forestier, Maud Geffroy, Enaloël Perriollat, Florian Salmon, Anne-Fleur Le Monies De Sagazan, Damien Szott, Louis Aubret, Justine Regniez, Juliette Tréhorel, Maureen Le Meut, Valentin Peron

Maëlys Padiolleau, étudiante en 2ème année, nous parle de RESPIRE – « Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière » Michel Audiard

Une collection entièrement féminine mélangeant un vestiaire urbain, avec des pièces comme des chemises, des manteaux, des pantalons cigarettes, etc., et des détails sportswear, avec des cols k-way, des robes sweat, des capuches, des leggings, des cordons, etc.

La gamme de couleurs est fraîche : rose, jaune, bleu clair, blanc et quelques touches de noir, pour contraster avec le coté naïf de la collection. Nous nous sommes inspirés de l’architecte japonais Tadao Ando, qui confronte architecture contemporaine et lumière.

Dans cette optique, en collaboration avec des Terminales S, nous avons concilié milieux technologique et textile en incrustant des LED dans nos vêtements.

À l’image de lucioles discrètes, les vêtements sont parsemés de petits circuits brodés à la main.

La collection est poétique et délicate, tout en mouvement, avec des volumes surprises évoquant des ailes d’insectes. Les LED brodées s’animent au rythme d’une respiration apportant douceur et légèreté.

Toujours dans le souci du détail, nous avons collaboré avec des imprimeurs 3D pour créer des sacs et des masques aux allures d’insectes dans des matières plastiques. Un des sacs est pourvu d’un écran LED où l’on peut voir une envolée de papillon graphique.

Pour donner une dimension moins premier degré à cette collection, nous avons réalisé des tâches à la main en nous inspirant du test de Rorschach et de zooms d’ailes de papillons.

La Femme Respire est tout en poésie, en légèreté et en subtilité, elle incarne au travers de ses looks, douceur, force et détermination. Elle ne suit pas les tendances et ne tente pas d’en imposer non plus, elle est la femme d’aujourd’hui tout en étant celle de demain.

Étudiants : Maëlys Padiolleau, Léa Champin, Ambre Aumoitte, Inès Lormeau, Manon Brousseau, Sarah Boutin, Marilou Noël, Samuel Gasse, Julie Louvain, Manon Louaisil, Maëva Meignan, Alice Heluin-Afchain

Propos recueillis par Alice Heluin-Afchain

image_pdf
Spread the love !
  •  
  •  
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
More from Manifesto XXI

Hong Kong, la mode contre la politique

Hong Kong, the Asia’s world city (son slogan), a tout de la...
En savoir plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *