Les conseils de Château Sonic pour un festival réussi

© Claire Olivier
Par Matthieu Maurer

À deux mois à peine de leur deuxième édition – du 18 au 20 août prochain – le club des huit (tous bénévoles) du festival Château Sonic s’apprête une nouvelle fois à investir les murs de sa forteresse de Haute-Savoie. Alors que la programmation complète vient tout juste d’être annoncée, nous avons rencontré trois des organisatrices, Brune, Jeanne et Harmonie, pour revenir, entre autres, sur la genèse d’un projet fou, à l’heure où les subventions publiques se font de plus en plus rares.

© Culturoscope

Manifesto XXI – Bonjour à vous trois ! Château Sonic est plus qu’un festival de musique, c’est un événement culturel qui fait cohabiter une programmation éclectique avec différents ateliers de journée, tout cela dans un château du Moyen Âge, à quelques kilomètres du lac Léman. Comment cette idée est-elle née ?  

Harmonie : À la base, c’est le gérant du château dans lequel se déroule le festival qui a demandé à Kristel, la présidente de l’association, de monter un événement autour de la culture médiévale, avec des jongleurs et autres cracheurs de feu. Donc sans grande surprise, elle a préféré orienter le projet vers un concept différent.

Jeanne : Et puis on sortait de nos études, on cherchait un projet qui ait du sens. C’est ce qui a été la motivation première à mon avis, quand nous nous sommes lancés il y a presque deux ans.

Lorsque vous vous êtes réunis autour d’une table pour la première fois, par quoi avez-vous commencé ?

Brune : La chose primordiale, c’est de partir hyper loin, d’imaginer un scénario idéal pour ensuite être en mesure de recadrer l’ensemble au cours de l’avancement du processus, de définir ce qui est faisable ou non.

Jeanne : Oui, et surtout, le challenge, c’était de déposer toutes nos envies et de les confronter. Au final, Château Sonic n’est pas le résultat d’une seule personne : c’est la mise en commun de huit volontés qui a permis d’aboutir à ce que l’on est aujourd’hui.

Si vous deviez me pitcher Château Sonic, que me diriez-vous ?

Harmonie : C’est une communauté qui se crée le temps d’un week-end autour d’un événement culturel hyper joyeux, curieux, ouvert à la rencontre humaine et à de nouveaux talents artistiques.

Il ne fait pas bon être une association culturelle en ce moment. Comment s’est passé le financement ?

Brune : La première chose qui pose problème, c’est que les associations sont rarement éligibles à des subventions pour une première édition de festival, et surtout dans le contexte actuel de la région Auvergne-Rhône-Alpes, de baisse de subventions.

Jeanne : C’est un système économique qui est ultra précaire. Il y a une part d’autofinancement qui est basée sur de la prévision donc c’est fragile, puis des subventions quasi inexistantes. Ce qui sous-entend un énorme travail de recherche de sponsors pour pouvoir arriver à un budget qui va s’équilibrer.

Harmonie : En gros, on a harcelé toutes les PME de la région pour trouver de l’argent !

En ce qui concerne la programmation musicale, quelle est votre ligne éditoriale ?

Harmonie : La ligne, c’est de se concentrer sur des groupes émergents avant tout ; et après, en ce qui concerne le style musical, on n’a pas envie de définir un style de musique. Ce sont des musiques indépendantes et émergentes.

Brune : On est ouverts à tout, même si évidemment il n’y a pas de tout dans le festival, mais on recherche une forme de cohérence dans la diversité.

Château Sonic n’est pas qu’un festival de musique, vous pouvez nous en parler ?

Brune : On a une programmation journée qui est gratuite, qui propose une expérience différente pour les festivaliers dans le sens où ils peuvent prendre part à de nombreuses activités qui ne sont pas forcément liées à la musique.

Jeanne : Le but, c’est de déambuler dans les jardins du château entre une initiation à l’improvisation théâtrale, des cours de graff, de yoga ou des ateliers de danse hip-hop.

Revenons sur la première édition, celle de l’été 2016. Après avoir travaillé à sa préparation, quelle est la chose qui vous a le plus surpris pendant le festival ?

Jeanne : L’adhésion et le plaisir des gens. Pour notre part, on était sûrs de passer un week-end génial, mais le fait de voir les gens se sentir impliqués et adhérer au projet, c’était juste fou.

Brune : Pour moi, c’était de voir les gens tout court. C’est tellement kiffant de voir les gens profiter du travail que tu as fourni.

© Claire Olivier

Qu’avez-vous appris de cette première édition ?

Jeanne : Ça nous a pas mal rassurés sur le fait que l’on était capables de le faire, en fait. Cette année, même si c’est aussi difficile en termes de quantité de travail, on est plus sereins dans la manière d’aborder le festival.

Château Sonic a lieu dans le petit village de Brenthonne en Haute-Savoie. Comment avez-vous été accueillis par la population locale quand ils ont vu débarquer huit jeunes citadins avec un projet de festival sous le bras ?

Harmonie : On a fait beaucoup de communication dans la région, mais finalement, on s’est rendu compte qu’ils représentaient une infime partie des festivaliers. On a eu plus de Lyonnais, de Parisiens ou d’Allemands que de Savoyards. C’est un des points que l’on aimerait développer, le lien avec les gens du coin. On ne veut pas être perçus comme un groupe de jeunes urbains qui installent leur festival en Haute-Savoie juste parce que le lieu est cool !

Brune : Mais on a reçu beaucoup de soutien de la part des élus locaux, comme le maire et ses adjoints, qui nous ont super bien accueillis.

La deuxième édition ouvre ses portes le 18 août et vous venez de dévoiler la totalité de la programmation. Qu’est-ce que vous nous conseillez ?

Jeanne : Je conseille FAIRE. C’est un groupe qui fait de la « gaule wave » et ils ont une énergie dingue. Ils vont nous électriser le dancefloor, c’est certain !

Harmonie : Pour ma part, ce sera Hush Moss, car c’est le premier artiste que l’on a programmé à Château Sonic cette année. C’est un Allemand accompagné d’un groupe, une espèce de crooner, un peu funk et soul, avec une énorme influence pop, des synthés. C’est un personnage incroyable sur scène.

Brune : The Madcaps de mon côté. C’est un groupe de rock qui faisait beaucoup de garage, et qui s’est grave affiné avec le temps. C’est un groupe rennais que l’on est hyper fiers de présenter cette année !

– Château Sonic, festival des musiques audacieuses et curiosités artistiques –
Les 18, 19 et 20 août 2017 au château d’Avully (Brenthonne – Haute-Savoie)

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