Clément Bazin, rencontre // Soirée Decilab Together

Le 12 mars dernier se déroulait à Rennes la soirée Together organisée par Decilab, à l’occasion de la sortie du nouvel EP de Douchka. Celle-ci mettait à l’honneur la scène future beat française, par le biais d’une collaboration avec le label Nowadays Records. La première partie de soirée accueillie par l’Antipode s’ouvrait sur un live de Clément Bazin, à qui nous avons eu l’opportunité de poser quelques questions.

***

Manifesto XXI – Tu présentes ton live ce soir à l’Antipode, étais-tu déjà venu jouer à Rennes ?

Clément Bazin : Oui, en décembre pour les Bars en Trans au Chantier. Et avant ça j’étais venu une fois au Liberté dans le cadre d’une tournée de Woodkid, pour qui j’étais musicien interprète.

Manifesto XXI – Est-ce que tu peux nous retracer rapidement ton parcours musical ?

C. B. : J’ai commencé la musique par le steel drum vers 11-12 ans. J’ai appris à la fois en autodidacte et par le biais d’une association. J’ai été instrumentiste dans divers ensembles pendant pas mal d’années. Ensuite j’ai fait un peu d’école pour apprendre l’harmonie, l’arrangement… j’ai fait une école de jazz, une école de musiques latines, afro-cubaine… J’étais vraiment dans le délire instrumentiste et direction/arrangement pour orchestre. C’est seulement il y a 5/6 ans que j’ai sorti un premier EP de musique électronique, et je m’y intéressais depuis peu, donc toute cette facette est vraiment venue dans un second temps. Maintenant je combine les deux.

Manifesto XXI – Est-ce que ça t’a fait bizarre de te retrouver soudainement seul dans un projet ?

C. B. : Oui ça fait bizarre dans la vie quotidienne de tournée. En comparaison, avec Woodkid on était seize sur la route, huit sur scène… donc tu es toujours dans une dynamique de groupe. Mais bon maintenant même si je joue seul il y a toujours du monde sur les dates, comme par exemple ce soir avec l’équipe Nowadays.

Manifesto XXI – C’est maintenant officialisé entre ton projet et Nowadays Records ?

C. B. : Oui, on n’a pas encore trop fait la promo car on bosse dessus, mais on va sortir quelque chose au printemps ensemble.

Manifesto XXI – Qu’est-ce qui te rattache stylistiquement à ce label ?

C. B. : Certes j’ai été baigné dans l’aspect pratique instrumentale, etc., mais par contre je suis né en 1985, et j’ai écouté du hip-hop et de la musique électronique depuis tout jeune. Je les ai connus avec La Fine Équipe sur leur première sortie, qui était de la musique de beatmaker, très proche de ce que je pouvais écouter à l’époque. Ensuite j’ai toujours suivi ce qu’ils faisaient au fil des années, puis on a fini par se rencontrer, et ça a bien accroché.

Manifesto XXI – Peux-tu décrire ton set-up live ?

C. B. : J’ai mon steel drum, un synthé pour jouer des nappes, accords, mélodies… et une MPD raccordée à Ableton avec des racks d’effets, pas mal de percussions, des voix, des samples…

 © Ftne Prod Soirée Decilab Together 12.03.2016
© Ftne Prod / Soirée Decilab Together 12.03.2016

Manifesto XXI – D’où viennent tes samples ? Tu n’utilises jamais ta propre voix ?

C. B. : Je m’essaie un peu au chant en ce moment, mais jusqu’ici ce sont des a capella trouvées sur Internet puis découpées, modifiées, transformées… ou que je fais réenregistrer par des chanteurs.

Manifesto XXI – Quand est né ce live solo que tu présentes en ce moment ?

C. B. : J’ai voulu me focaliser sur ce projet il y a quelques années, puis je me suis retrouvé embarqué sur une tournée avec Woodkid pendant plus de deux ans, du coup je n’ai pas trop pu assurer la sortie de l’EP, la représentation live, etc. Cette tournée a pris fin aux environs de l’hiver dernier, je me suis alors mis à re-bosser sur ma musique, puis j’ai commencé à tourner un peu avec Allo Floride, mon tourneur actuel. Donc la première devait être au printemps dernier, mais ça a beaucoup évolué depuis.

Manifesto XXI – Ta musique a à la fois un côté énergique et dansant, mais aussi un aspect planant et mélodieux, est-ce que c’est précisément ce mélange que tu recherches ?

C. B. : Oui, je cherche à mêler les deux. Je veux une musique qui plane, qui soit mélodieuse, mais je veux aussi que ça bouge, notamment car ce set est joué le soir, la nuit, dans des clubs… Après je ne suis pas un gros adepte des trucs qui tabassent à fond, mais j’aime bien les morceaux qui bougent quand même pas mal, qui te font un peu tourner la tête, où il y a quelque chose d’euphorique… Je recherche un juste milieu.

Manifesto XXI – Est-ce que la prise en compte du live a influencé ta composition ?

C. B. : Non, pas spécialement.

Manifesto XXI – Est-ce que tu as un process de composition ?

C. B. : Non, pas vraiment. Je passe pas mal de temps à chercher des accords, des suites harmoniques, ça j’aime bien, mais ça n’aboutit pas forcément à un morceau. Après il y a toujours un process un peu sous-jacent, chacun a sa petite zone de confort, mais à part ça pour moi c’est freestyle. Comme, je pense, la plupart des gens dans la musique, je fais beaucoup de choses mais j’en jette beaucoup aussi.

Manifesto XXI – Quelles sont tes influences ?

C. B. : Ce qui m’a donné envie de faire de la musique c’était une petite scène en Angleterre, surtout dans l’ouest de Londres, dans les années 1990, qui a lancé le genre broken beat. C’est une scène qui a été très créative pendant quelques années. Je me suis demandé comment ils faisaient cette musique-là. C’était leadé par des grosses têtes du jazz, des instrumentistes mortels, et qui faisaient une musique hybride avec notamment des rythmiques assez syncopées qui peuvent rappeler le grime ou le UK garage. Ce sont vraiment des supers musiciens, pointus, avec une vraie connaissance harmonique, et ils ont mis ça dans un écrin un peu électronique, et c’est joué en live. Ça, ça m’a vraiment parlé. Après j’ai toujours écouté de tout, beaucoup de jazz, de soul, et actuellement même si on parle beaucoup de la musique allemande, je reste plus attaché à la scène anglaise. Sinon en hip-hop ce serait des noms comme J Dilla, Slum Village… des beatmakers dans ce style. Mais j’écoute vraiment de tout.

Manifesto XXI – Quelles sont tes actus ?

C. B. : Donc déjà l’EP dont on parlait avec Nowadays, et sinon j’ai un duo avec une chanteuse sous le nom Hijacked, avec lequel on va sortir un EP au printemps vraisemblablement. C’est un projet plus pop et posé que mon projet solo. Je prépare aussi le Printemps de Bourges, car j’ai été sélectionné lors des Inouïs, donc je vais y jouer en avril.

Manifesto XXI Un petit mot de la fin ?

C. B. : Eh bien… vive Rennes ! Quand je suis venu pour les Bars en Trans j’ai adoré la ville, c’était très cool, ce soir ça devrait être sympa aussi, on est là avec tous les copains… petite galette-saucisse en fin de soirée, et on sera bon !

image_pdf
Spread the love !
  •  
  •  
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
More from Eléna Tissier

« Motor of Love », la techno poétique et glacée de Sébastien Chenut

Sébastien Chenut, moitié du duo Scratch Massive, dévoile un premier LP solo de techno...
En savoir plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *