Caroline Corbasson, s’approprier l’immensité

Anomalia, 2013. Charbon sur atlas du ciel © Caroline Corbasson

Le futur… Vaste sujet. Proche ou lointain, fruit de nos fantasmes et de la force de notre volonté à mettre en œuvre ces fantasmes. Éternel rêve qui sans cesse se renouvelle, dans lequel nous puisons notre créativité, il nous dépasse. Dessiner les choses qui nous dépassent, voilà ce que fait Caroline Corbasson. Elle est fascinée par l’espace, celui que les astronautes de la Nasa tentent de s’approprier, imaginant un futur pour l’homme au-delà des limites de nos connaissances. Dans cet univers par essence futuriste, fruit de nombreux fantasmes, Caroline Corbasson apporte sa sensibilité artistique, son imagination de poète. Tout comme notre futur est double (celui que nous rêvons, celui qui se réalise), on retrouve une dualité chez cette jeune artiste. L’infiniment grand côtoie l’infiniment petit, l’inspiration s’appuie sur l’empirisme, le spontané rejoint l’étudié.

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Dust to Dust, 2012. Poussière et aérosol sur papier, monté sur panneau MDF © Caroline Corbasson & Blackout Book, 2013. Poussière et aérosol sur livre d’histoire de l’art © Caroline Corbasson

Les ciels de Dust to Dust, fragmentés en diptyque, ou ceux de l’œuvre Blackout Book, qui s’éparpillent sur les pages d’un livre d’histoire de l’art, sont autant de fenêtres sur l’infini.

« Si le ciel est constellé d’innombrables étoiles, il est surtout l’objet le plus vertigineux des abandons. » Julien Verhaeghe

Le vertige qu’évoque Blackout Book est également celui de ce qui nous précède. La liste interminable des noms d’artistes connus ou oubliés, qui s’assemblent en véritables constellations et viennent former le cosmos de l’histoire de l’art. Vertige également du futur qui s’étend devant nous – dans toute son incertitude. Caroline Corbasson dessine pour s’approprier ces grands espaces, en les faisant tenir sur le papier. Elle traduit ainsi la fascination qu’exercent sur nous les forces qui nous dépassent et, face à l’immensité du cosmos, elle nous rappelle que nous ne sommes que peu de chose. Nous perdrait-elle dans cette immensité ? Oui et non. Caroline Corbasson nous invite à un voyage extraordinaire aux confins du réel, certes, mais elle sème sur notre route ses Signals comme repères. Ces petits miroirs, utilisés dans les années 40 pour refléter le soleil, servaient à envoyer des signaux de détresse quand l’on était perdu. L’œuvre Signals est donc une sublime métaphore de la création artistique : les artistes, et les œuvres qu’ils créent sont les signaux, les repères qui nous guident dans l’immensité qu’est la vie.

Eclipse, 2013. Graphite sur globe terrestre © Caroline Corbasson & Signals, 2014. Survival mirror ESM-1 from 1940 © Caroline Corbasson
Eclipse, 2013. Graphite sur globe terrestre © Caroline Corbasson & Signals, 2014. Survival mirror ESM-1 from 1940 © Caroline Corbasson

Anne-Sophie Furic

Site de Caroline Corbasson

Caroline Corbasson est représentée par L’Inlassable Galerie.

Elle a été présentée par Pascaline Vallée pour le Prix Sciences Po pour l’art contemporain.

Son dernier projet, SHIMMER, est montré dans l’exposition du Prix Echosystèmes, rue des Saints-Pères, du 13 au 29 avril 2015.

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