Cabourg, Mon Amour, la pop dans tous ses états : rencontre avec Jean-Baptiste Devay, co-programmateur

© Jean Jullien
Par Lisha Pu

Paradis, Jacques, Polo & Pan, Agar Agar, Ichon, mais aussi Parcels, Cigarettes After Sex et Jacques Greene, tout en passant par des découvertes comme TGAF et Paradoxe Club : la cinquième édition de Cabourg, Mon Amour s’annonce pour le moins pointue, éclectique et dansante. Du 28 au 30 juillet 2017 se tiendra sur la plage de Cabourg un festival à la fois cocon, ensoleillé et à taille humaine. Les trois journées se décomposeront chacune en trois temps : La Baignade de 14h à 17h (gratuit), concerts les pieds dans le sable de 17h à minuit, puis possibilité d’un after au casino de 23h à 3h30. À cette occasion, nous avons papoté avec Jean-Baptiste Devay, co-programmateur du festival.

© Cabourg, Mon Amour

Manifesto XXI – Comment est né le projet de Cabourg, Mon Amour ?

Jean-Baptiste Devay : Le festival est né il y a maintenant cinq ans, par une petite association qui s’appelle Premier Amour et qui a lancé le festival entre la plage et le casino de Cabourg. Il y a trois ans, Super !, qui est un tourneur parisien, a rejoint le festival pour aider l’association à développer le projet et à le faire grandir.

Pourrais-tu nous parler de la collaboration entre Premier Amour, Super !, Les Niçois et Cabourg, Mon Amour ?

Les Niçois nous ont rejoints l’année dernière. On a essayé de faire un festival qui soit le plus complet possible, que ce soit au niveau de la programmation musicale, dont on discute tous ensemble, ou au niveau des animations et manifestations dans la ville. Chacun apporte son expertise et son expérience avec l’envie d’ancien festivalier, puisque je pense qu’on en a tous fait, on a donc tous des envies pour que cela soit le mieux possible. Cette année, cela se traduit par une programmation qui mêle la pop dans tous ses états, avec pas mal d’artistes français que l’on suit depuis un moment et que l’on a déjà invités dans des formats différents. Je pense notamment à Paradis, qui jouait l’année dernière en dj et qui sera là en live, ou encore à Fishbach qui était venue en solo et qui viendra cette fois en groupe.

Concernant la nourriture, on a aussi écouté les retours de l’année dernière, il y aura plein de fruits de mer et plein de plats végétariens, pour que tout le monde s’y retrouve bien. Cette année, on ajoute également La Baignade, qui est une partie gratuite avant l’ouverture des portes du festival, avec des djs qui passent de la musique ; il y aura aussi une compétition de foot, sans oublier la mer et la plage qui sont les grandes qualités de Cabourg. C’est toujours une discussion permanente entre nous pour faire ça au mieux.

Comment résumerais-tu le festival, en trois mots ?

Sable. Pop. Musique. Et coucher de soleil pour un quatrième mot.

Le festival connaît cette année sa cinquième édition, pourrais-tu nous parler un peu de son évolution depuis sa création en 2012 ?

Le festival a commencé comme un petit événement sur la plage qui devait rassembler trois, quatre cents personnes, avec une programmation assez nichée. Plus ça avance, plus on pense arriver à deux mille festivaliers par jour. On n’a pas l’intention de devenir beaucoup plus gros, car le fait que ce soit un petit festival nous plaît. C’est une sorte de cocon, où l’on peut se permettre de faire plus de choses, ce que les gros festivals ne peuvent malheureusement plus trop faire.

Ce qui a évolué, c’est l’attrait des artistes pour le festival. Au fur et à mesure des années, on a remarqué qu’il était plus facile de proposer à des artistes de venir jouer, parce qu’ils commençaient à entendre parler du festival et qu’ils ont eu un aperçu de ce que l’on a fait dans les éditions précédentes. On s’inscrit plus dans la ville de Cabourg aussi, avec plus d’activités sur la plage. Il y a toujours une envie de faire ça simplement avec tout le monde, et on se rend compte que cela fonctionne bien.

Les artistes de l’édition 2017 © Cabourg, Mon Amour

Tu as dit tout à l’heure que vous attendiez deux mille festivaliers par jour, est-ce que le nombre d’organisateurs et de bénévoles a également augmenté ?

Non, il y a environ cent vingt bénévoles sur le festival, et d’ailleurs, ce sont souvent les mêmes qui reviennent d’une année à l’autre, on en est contents, car il y a une super ambiance au niveau de l’équipe et de l’accueil, et c’est toujours agréable. Concernant l’équipe de programmation, c’est la même depuis trois ans, c’est une machine qui roule maintenant, on se parle très tôt pour savoir ce que l’on fait faire, ce que l’on veut écouter. Et au niveau de l’organisation, ça commence aussi à être rôdé, c’est agréable de retravailler avec les mêmes gens d’année en année.

Comment avez-vous géré l’équilibre entre les artistes français et internationaux pour cette édition ?

Il y a plusieurs équilibres que l’on essaie de créer. Le premier, c’est celui des styles musicaux, et on va les chercher, comme je le disais tout à l’heure, dans la pop, sous toutes ses coutures. La nouveauté de cette année, c’est le hip pop, avec Ichon, Loyle Carner et Sônge. On a toujours envie de découvrir des groupes pop internationaux sur le festival, comme on peut le voir avec Cigarettes After Sex qui est très dream pop, ou Parcels qui est beaucoup plus funk, power pop et dansant.

Il y a une logique car c’est ce que l’on écoute, et on aime ramener des artistes français qui nous passionnent par leur manière de casser plein de codes, que cela soit sur le plan du chant français, comme avec Fishbach, ou de la musique électronique, avec Polo & Pan qui arrive à conquérir un nouveau public, qui n’était pas forcément mélomane avant. On fait très attention aussi à avoir une programmation assez mixte, pour avoir autant d’artistes féminins que masculins, on a envie que tout le monde se sente bien.

Les artistes de l’édition 2017 © Cabourg, Mon Amour

Quels sont tes coups de cœur cette année ?

Les coups de cœur, je les saurai après ! (rires) Sinon, dans les artistes que je suis impatient de voir sur le festival, il y a Polo & Pan, car depuis qu’on écoute leur musique, on s’est toujours dit que cela serait parfait pour le festival, avec ce côté musique électronique ensoleillée, c’est quelque chose que l’on a très envie de voir avec un coucher de soleil. Cette année, il y a aussi une programmation musique électronique, presque club, sur la plage, comme Call Super qui est un artiste qu’on adore, et que l’on a déjà programmé pour un dj set à Dekmantel, un festival électronique européen assez réputé dans le genre ; j’ai assez hâte de voir ce que cela va donner. Et pour finir, Sônge, qui jouera samedi et qui a une grande personnalité et une grande présence scénique, il nous tarde de voir comment le public va réagir.

Le festival possède un système de carte Cashless, un camping dédié et la possibilité d’un after au casino, avez-vous déjà des idées d’innovations pour la prochaine édition ?

(rires) Je ne saurais dire. J’ai des idées d’évolutions. On essaie déjà de mieux faire ce que l’on a peut-être moins bien fait les années précédentes. Par exemple, cette année, on propose des afters au casino tous les soirs, alors que l’année dernière, il n’y avait que le samedi ; et cette fois, il y aura des préventes, pour éviter la queue à l’entrée du casino. Le Cashless commence à devenir une habitude pour la plupart des festivaliers, c’est un système qui commence à être plus clair et qui roule. L’année dernière, on nous avait reproché de ne pas pouvoir sortir du festival pour aller se baigner, du coup, cette année, on a décalé l’ouverture des portes pour faire une vraie partie gratuite avec musique et animations sur la plage pour que tout le monde puisse vraiment profiter de ce que Cabourg a à offrir. On essaie de prendre des leçons d’année en année. Pour l’année prochaine, on verra comment ça se passe, on écoutera les retours pour essayer d’améliorer au mieux Cabourg, Mon Amour !

Pass 3 jours : 90€. Pass 1 jour : 35 à 40€. After : 11 €.

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