Agar Agar. Rencontre random

Le concert d’Agar Agar est complet depuis un mois. Un bon succès pour une release party. Dans les loges du Petit Bain, on rencontre Clara et Armand. Ils nous racontent de manière spontanée un univers musical et visuel en pleine construction. Une déambulation entre science-fiction, rock garage et pur hasard.

Crédits photos : Irwin Barbé

Manifesto XXI – Une question pour briser la glace et mettre tout le monde à l’aise. Ça fait trois mois voire plus qu’on vous demande en interview sans succès. Et aussi, on a méga galéré pour ce soir, on nous a dit que vous aviez trop d’interviews. Alors quel est le souci, vous n’aimez pas le magazine ou vous n’aimez pas les interviews ? 

Clara : Ah bon ? Merde. En fait on est complètement à l’ouest. Premièrement. Deuxièmement, on ne s’occupe pas de ça parce qu’on est à l’ouest. Donc on en revient au premier point. Troisièmement, ce n’est pas qu’on n’aime pas les interviews mais…

Vous n’aimez pas les interviews.

Ce n’est pas le truc qui nous fait le plus kiffer. (rires)

Ce n’est pas du tout contre vous, bien entendu. C’est juste que c’est dingue le nombre d’articles que vous avez eus dans la presse et cet engouement autour d’Agar Agar. Vous ne trouvez pas ? 

Armand : Carrément. En fait, pour moi, il y avait deux manières de faire. Dire non à toutes les interviews ou bien découvrir comment marche ce milieu journalistique qui nous entoure. On a préféré la deuxième option, car c’est important pour apprendre.

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Avec vos autres projets vous devez avoir l’habitude, non ? 

Clara : Non, j’ai eu très peu d’interviews avec Cannery Terror (dont la vôtre), ce n’est pas le propos.

Armand : Je n’ai jamais eu d’interviews avec mon projet solo, et je n’ai pas forcément envie d’en avoir.

Que fais-tu en solo ? 

Armand : Des trucs inconnus. J’ai deux projets de live que j’ai présentés quelques fois et j’ai sorti une cassette.

On m’a dit que vous étiez encore à l’école, que faites-vous ? 

Clara (bâillement) : Je me suis levée trop tôt, désolée, j’ai un coup de barre. Les Beaux-Arts de Cergy. Je stresse un peu.

Mais non…

Clara : Oh si.

Armand : C’est une date importante, ça signifie beaucoup pour nous. On a cette petite pression, mais on peut en faire ce qu’on veut de la tension, ça peut être très bénéfique.

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Donc les Beaux-Arts. Vous aimez ? 

Clara : Oui ! Je passe mon diplôme cette année, et lui est en master.

Armand : C’est un rapport d’amour et de haine. Les Beaux-Arts, c’est autant d’écoles que d’élèves et de profs. C’est compliqué de définir. Il y a des choses que j’aime et d’autres que je n’aime pas du tout, et ce qui est intéressant est d’aller piocher.

Clara : Ce qui est intéressant, c’est l’espace qu’on nous donne. On a une liberté totale et on peut utiliser tous les médiums possibles. C’est une école qui te permet de faire plein de rencontres aussi. L’interaction est productive parce qu’on fait plein de chose différentes et qu’on cohabite tous. C’est inspirant.

Vous parlez de rencontres. Est-ce que vous êtes rattachés à des personnes évoluant dans un univers parallèle au vôtre, je pense à Oklou, Grand Blanc ? Les Inrocks appelleraient ça « la scène émergente »…

Clara : Oui, en effet, je les connais. Je pense que ce n’est pas uniquement une scène émergente. C’est une série de gens qui se gravitent autour, un groupe de potes ou de connaissances qui se côtoient ou alors se connaissent de loin et qui parfois se croisent.

Armand : C’est une scène indé composée de potes dont beaucoup d’ailleurs viennent des Beaux-Arts, entre Paris, Cergy, Strasbourg… Il y a beaucoup de liens musicaux.

Oui, c’est bien ça qui est intéressant. Les Beaux-Arts produisent beaucoup de musiciens aujourd’hui. Comment l’expliquez-vous ? 

Armand : Effectivement, ça s’observe beaucoup à Cergy mais aussi dans les autres écoles que j’ai citées, il y a un truc « refuge » des musiciens actuels qui ne se reconnaissent plus dans le conservatoire. Ils ont envie de taper dans des choses plus expérimentales, allant du classique au jazz, de sortir des carcans académiques.

Ils ne sont plus rattachés à l’univers fermé du conservatoire, ils ont envie de connaître un univers plus vaste, composé de gens qui ne font pas que de la musique. Qui ont une vision de la création plus globale. Ce sont des gens qui se retrouvent aux Beaux-Arts assez naturellement car ils perçoivent qu’ils vont pouvoir faire de la musique mais aussi aller plus loin.

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C’est ce qu’on voit dans Agar Agar d’ailleurs, si je peux me permettre. Pour un groupe qui a sorti son premier EP, vous avez un univers visuel très frappant, tant dans les pochettes que dans votre clip. Qui fait vos visuels ? 

Armand : Nos pochettes, c’est le collectif Groduk & Boucar. Elles font plein de choses très différentes, allant de l’illustration à la sérigraphie, en passant par le webdesign. Quant au clip, on l’a fait avec Clément Métayer (acteur dans Après Mai, La Ritournelle et Floride).

Clara : Ce sont des gens avec qui on est avant tout proches dans la vraie vie, en fait. Et bien sûr, esthétiquement aussi.

Armand : Je crois que ça se fait toujours un peu comme cela. On bosse avec des personnes à qui on sait pouvoir faire confiance.

Comment reliez-vous votre musique à votre univers visuel ? Quel est le fil rouge ?

Armand : On n’a pas encore mis des mots dessus, je pense. C’est plus un feeling, on a fait des rencontres et on a laissé s’exprimer les gens avec qui on a collaboré. Ce sera toujours comme cela : on laissera une grande marge de manœuvre aux personnes avec qui on va collaborer.

Agar Agar est le fruit du hasard ? 

Armand : Complètement.

Vous étiez dans une cave, on vous a déterrés, etc. ? 

Armand : On faisait juste de la musique pour kiffer entre nous, et on ne s’attendait pas du tout à ce que ça prenne cette ampleur. On a rencontré Cracki Records par le biais d’un pote et ensuite tout s’est fait très vite.

Du coup vous allez sortir plutôt un autre EP qu’un album, histoire de prendre votre temps ? 

Clara : Oui, complétement. On va y aller tranquillou. Déjà, le prochain EP ressemblera beaucoup plus à un album, mais on n’est pas encore tout à fait prêts.

Armand : Un album doit être une vraie déambulation musicale.

Quelle est la déambulation d’Agar Agar ? 

Clara : On a plein d’influences, notamment cinématographiques, venant d’un univers assez gore. On adore aussi la science-fiction. Ce sont plein d’histoires cheloues réunies.

Armand : Pour le moment en tout cas, Agar Agar est en voie de transformation. Donc on déambule, justement, on expérimente.

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Comment vos projets respectifs nourrissent-ils Agar Agar ? 

Clara : Cannery Terror m’a donné une certaine aisance sur scène. Je peux me rouler par terre, hurler, j’ai un rapport très frontal à la performance. Il y a sûrement des influences un peu punk-garage.

J’en reviens à l’histoire des interviews. Tout a l’air très spontané dans votre projet. Finalement votre exposition médiatique n’était pas prévue comme cela, alors je me demande comment vous avez défendu votre projet face à la presse…

Armand : Des fois, tu relis les interviews et tu te demandes pourquoi tu as dit ça. Ensuite, avoir un espace médiatique est génial. On a de la chance et ce n’est pas donné à tout le monde.

Clara : Moi, je ne lis pas. Ça me fait bader. (rires) C’est de la réinterprétation de propos que tu n’aurais pas voulu dire comme ça.

Là, vous montez sur scène dans une heure. Ça ne doit pas être facile de se concentrer. Il faut arrêter les questions. 

Clara : Oui, en effet, c’est une date importante et il est important de psychoter un peu dans son coin. Je suis hyper stressée avant un live. Avant de monter sur scène, tu psychotes et tu as besoin de ne rien faire. Mais c’est important, tu vois ? Psychoter, c’est fondamental avant de monter sur scène.

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***

Agar Agar en concert :

14/12 – Alchimia / Dijon

15/12 – Sonic / Lyon

16/12 – Bazr Festival / Sète

03/02 – Stereolux / Nantes

09/02 – La Sirène / La Rochelle

16/02 – La Maroquinerie / Paris

28/02 – Concert Philharmonique au Théâtre du Châtelet / Paris

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