À la rencontre du shoegaze noisy de rev rev rev

© Dario Vinazzani

À l’occasion de la soirée Goutte d’Acide, organisée par le Fauchage Collectif, on a pu faire la connaissance du groupe de shoegaze italien rev rev rev, juste avant leur concert. Avec leur premier album éponyme sorti en 2013, le groupe s’est très vite fait remarquer par les amateurs de rock psyché et figure notamment dans la compilation The Shoegaze Revival, sortie en 2015 par le Gerpfast Kolektif. En 2016, après la sortie de son deuxième album Des fleurs magiques bourdonnaient, rev rev rev se retrouve au prestigieux Cosmosis Festival à Manchester, aux côtés de The Jesus and Mary Chain et The Brian Jonestown Massacre, entérinant ainsi son statut de groupe à suivre sur le long terme. Rencontre.

Manifesto XXI – Racontez-moi un peu l’histoire du groupe.

Laura : Sebastian et moi avons commencé rev rev rev en 2013 en duo, et de fil en aiguille, nous avons trouvé d’autres musiciens pour nous rejoindre. Pour le second album, nous avons recruté notre bassiste Andrea et nous avons changé de batteur.

Sebastian : Notre ancienne batteuse, Greta, était occupée avec son travail et a décidé de quitter le groupe. Riccardo la remplace pour le moment.

Laura : Avec Sebastian, on se connaît depuis dix-sept ans, donc ça fait un moment !

Sebastian : Oui, on a fait un bon bout de chemin ensemble. (rires)

Comment votre son a-t-il évolué depuis le premier album ?

Laura : Sur notre second album, on s’est vraiment appliqués sur la qualité du son. Lorsqu’on écoute le premier, on n’est pas vraiment satisfaits.

Vous avez eu de très bons retours après le premier album. Vous avez ressenti une certaine pression pour faire aussi bien, voire mieux ?

Laura : Oui, peut-être un peu. (rires)

Vous avez été particulièrement bien reçus en Angleterre, c’était un honneur pour vous d’avoir autant de succès sur la terre du shoegaze ?

Laura : On est conscients que les Anglais nous aiment bien, alors on essaie de leur rendre la pareille. On joue en Angleterre dès qu’on en a l’occasion.

Vous avez joué au Cosmosis Festival. Vous étiez nerveux à l’idée de jouer aux côtés de vos groupes favoris ?

Sebastian : Lorsqu’on est arrivés, on a couru voir The Jesus and Mary Chain faire leurs balances. Ce sont vraiment nos idoles. Pendant un instant, on avait complètement oublié qu’on y était pour jouer et pas seulement pour profiter des concerts. On n’a pas pu discuter avec eux malheureusement, parce qu’ils avaient des loges séparées. Tous les autres groupes partageaient le même espace, sauf The Jesus and Mary Chain.

Comment vous êtes-vous préparés pour ce concert ? Ça signifiait quelque chose d’important pour vous ?

Laura : On a beaucoup répété et on était assez stressés. On s’est surtout rendu compte de l’enjeu pendant le trajet en voiture de douze heures, de Modène à Manchester.

Vous êtes un groupe de shoegaze, mais on peut entendre des riffs empreints de stoner et de doom sur certains morceaux. Vous êtes influencés par ces genres musicaux ?

Sebastian : Oui, bien sûr. On n’écoute pas que du shoegaze, on aime toutes sortes de musique psychédélique. Sur le dernier album, on a introduit de la tampura, et je pense que ça fonctionne assez bien pour créer de la texture. Tu ne l’entends pas forcément, mais ça peut être quelque chose de plus subliminal.

Vous êtes présents dans la compilation The Shoegaze Revival. En quoi est-ce une renaissance et non une copie ?

Laura : C’est une question difficile.

Sebastian : On ne se préoccupe pas vraiment d’appartenir à une scène en particulier, on essaie simplement de glaner un peu de l’attitude qu’avaient des groupes comme My Bloody Valentine ou The Jesus and Mary Chain. On veut être pertinents dans notre époque et non en copier une autre.

Comment se déroule votre processus d’enregistrement ?

Sebastian : On enregistre avec des sessions live. On a enregistré les pistes principales, puis on a réenregistré des sons par-dessus. Si tu observes les couches, il y en a peut-être quatre ou cinq, ce qui n’est pas énorme. La plupart des groupes de pop en ont davantage. L’important, c’est la qualité du son qu’a chaque couche.

Lors de vos concerts, c’est important de proposer des visuels intéressants ?

Laura : On essaie, mais ce n’est pas toujours possible. On a de beaux visuels colorés qu’un ami nous a faits. C’est tout un voyage psychédélique !

Sebastian : Nos concerts sont basés sur une sensation d’hypnose. Nous sommes parfois hypnotisés nous-mêmes par notre propre son. Mais je pense que pour le public, les visuels sont importants.

Quels genres d’œuvres, en cinéma et en arts visuels, vous inspirent au quotidien ?

Laura : Je suis fan du travail de Sorrentino, surtout visuellement. J’aime beaucoup les filtres qu’il utilise. Sinon, j’aime l’art surréaliste en général.

Sebastian : On a fait un clip pour le titre « A Ring Without An End », pour lequel on a utilisé des passages du film El Topo de Jodorowsky.

Le titre de votre dernier album, Des fleurs magiques bourdonnaient, est une citation d’un poème de Rimbaud. Pensez-vous que shoegaze et littérature romantique sont liés ?

Sebastian : On trouvait que l’image décrite par le poème de Rimbaud collait parfaitement à notre son. C’est l’idée de la fusion entre une imagerie onirique et le bruit.

Vous êtes de Modène. Comment est la scène musicale underground là-bas ?

Laura : Elle est assez mauvaise. (rires) Il y avait de bons groupes il y a quelques années, mais l’intérêt des locaux pour la musique indépendante laisse à désirer. On ne joue quasiment jamais à Modène. Il y a très peu de petites salles de concerts où peuvent se produire des musiciens débutants. En Italie, si tu joues, c’est que tu es déjà relativement connu. C’est dur pour la scène underground.

***

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